Cameroun : la police saute sur ekounou

Les commerçants ont vu leurs marchandises saisies le 21 septembre dernier à Yaoundé.
Le quartier Ekounou, à Yaoundé, connaît une ambiance mouvementée ce 21 septembre 2016. Des commerçants installés au lieu-dit Carrefour, vont dans tous les sens. Alors que certains courent après des policiers qui transportent leurs marchandises dans leur véhicule garé plus haut, d’autres essayent tant bien que mal de sauver ce qu’il reste des produits de leurs étals. Cris, supplications, plaintes, n’émeuvent pas les agents de police qui emportent tout sur leur passage. Dans la foulée, ils piétinent des articles, détruisent des comptoirs de fortune érigés par ces vendeurs.

Les plus rusés ont réussi à quitter le lieu d’intervention de la police pour s’installer un peu plus loin ou encore à l’intérieur du quartier. C’est sans compter avec L’Oeil vigilant des policiers qui vont les suivre afin de saisir leurs marchandises. «Les vendeurs n’étaient pourtant pas en bordure de route. Les policiers, lorsqu’ils veulent de l’argent, c’est de cette façon qu’ils procèdent », lance Bertrand, un vendeur de chaussures.Après ce remue-ménage, le véhicule de la police va embarquer vers le commissariat du 14 ème arrondissement. Wilbert et ses compagnons regardent partir impuissants leurs ballots de marchandises dans la male d’un véhicule 4×4 de la Police d’Ekounou qui vient de démarrer en trombe. «Il n’y a pas un mois que le même véhicule a enlevé ma marchandise en direction dudit commissariat», hurle Wilbert. Les commerçants restés sur les lieux de la saisie vont eux aussi arriver au commissariat pour tenter de récupérer leur gagne-pain.

Une fois sur les lieux, la tâche s’avère plus difficile que prévu. «Ils refusent de me remettre mon ballot d’habits. Ils disent qu’ils vont l’envoyer à la prison centrale de Kondengui et à la voirie municipale», se lamente une commerçante. Tout comme elle, de nombreux vendeurs agglutinés à l’entrée du commissariat n’ont pas reçu de réponse favorable. Toutefois, le lendemain de la casse, Wilbert s’est entêté à installer sa marchandise en bordure de route. Comme toujours, il dit avoir fait ce qu’il faut à savoir «payer 5000 FCFA». Il continue d’appâter sa clientèle en attendant une autre visite inopinée de la police.