CAMEROUN, HUMEUR: GUERRE DE …SÉCESSION AU SOMMET DE L’ETAT

Je l’ai déjà dit. Paul Biya est le seul être vivant dont obsèques et funérailles ont déjà été célébrées. Tenez ! Pour sa succession à Etoudi, les Bulu et les Nanga, deux clans qui tiennent les rênes du pouvoir qu’il croit toujours détenir, se battent à mort.

Pas avec des paroles (Dieu soit loué !) mais avec la presse, l’arme chimique la mieux adaptée dans la complosphère.

Comme vous le savez, dans ce type de bataille, il faut maîtriser la théorie du complot ou et surtout le principe numéro un de la diplomatie arabe : tue l’autre avant qu’il ne te tue.

Ça brûle donc du torchon entre les deux camps qui s’agonisent de titres de journaux ! Jugez-en vous-mêmes : « Le clan Nanga décapite le clan Bulu », « La guerre Nanga contre Bulu est déclenchée », « Les Bulu sont fâchés des Nanga », « Etoudi, batailles entre les beaux-frères » et tutti tutti! Et puis, l’on apprend d’un coup, sans le moindre indice de commencement de début de preuve du réel ou de l’inverse, qu’« il n’y a aucune guerre Nanga contre Bulu autour de Paul Biya ».

Signé “Réalités”. Tiens ! Donc, c’est fantomatique, fantasmagorique, tout ça ? Au risque de vous décevoir, je dois confesser que le Mutant lui-même est perdu dans cette guerre vraie ou fausse des belles familles du Président comme un satellite dans l’espace interplanétaire. Pourtant, d’escalade en escalade, tous les ingrédients de la guerre sont
là. Et les premiers obus dans le camp des Nanga furent lancés par L’Avenir, l’un des derniers nés de notre médiasphère, et la Lettre du continent qui attribuèrent à la Chantou nationale le stylo qui signa le gouvernement du 4 janvier 2019.

Mais, Jeune Afrique (à fric, si ça vous arrange) fit pire en servant du « Madame la présidente » à la première dame ! S’en prendre ainsi à celle-là même qui, sur la planète Terre peut difficilement trouver icône humaniste égale à la sienne ! François Soudan et tous ceux qui l’ont précédé se seraient trouvés dans les parages du palais qu’ils auraient pris des hauts talons en pleines poires ! Mais, sage et toujours mesurée, la Chantou se mura d’abord dans le silence, laissant à ses porteflingues la charge de la contre-attaque, avant de crier à la méchanceté dans un tweet.

Et les mauvais yeux y virent un coup fourré des Bulu qui auraient entonné le vieux refrain de l’épuration politique, l’opération Epervier, version tropicale de l’opération Phoenix. Souvenez-vous. Au Vietnam, la CIA avait mis sur pied ce programme qui avait pour but la liquidation physique des cadres Viêt-Cong. Par des moyens para-légaux.

Et L’épouvantail agité est Edgard Alain Mebe Ngo’o, l’ex-Mindef, qu’il faut sauver de l’incendie ! Est-ce le bon cheval ou y en a-t-il un autre ou d’autres ?

Ah voilà! Certains canards ont pointé David Nkotto Emane, l’ancien Dg de Camtel aussi. En tout cas, les chemins et les jours qui viennent nous diront. Toujours est-il que la sécession, la vraie, comme aux Etats-Unis entre 1861 et 1865, est là. Il faudra assez de chargeurs pour chaque camp pour gagner. Il y aurait encore tant d’autres choses à dire.

Mais, il est temps de conclure, alors je veux me concentrer sur l’essentiel. Je le dis, index levé. En Afrique, on ne parle pas de la succession d’un roi qui respire encore ! Et le lion vieillissant d’Etoudi a dévoré tous ceux qui ont eu la malencontreuse tentation …