Cameroun – Humanitaire: Le Comité International de la Croix Rouge vole au secours de 56 700 personnes déplacées dans l’Extrême-Nord

Le directeur adjoint des opérations en Afrique, Patrick Youssef, est sur le terrain pour toucher de doigt la souffrance des victimes de Boko Haram.

L’Extrême-Nord, qui est le théâtre d’affrontements et de violences qui ont fait de nombreuses victimes, a causé le déplacement des centaines de milliers de personnes. Ces populations qui ont fui leurs localités se retrouvent aujourd’hui dans des familles d’accueil. Cette situation pèse sur les ressources et les moyens de subsistance déjà limités des communautés hôtes. L’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins de santé est très difficile pour les déplacés.

Selon le Comité International de la Croix Rouge (CICR), l’Extrême-Nord compte à ce jour près de 56 700 personnes déplacées. 87% de ces déplacés vivent dans les familles d’accueil grâce à la dynamique sociale. Pour venir en aide à ces personnes, dont les besoins humanitaires, vont grandissants selon le Chef de Délégation Régionale du CICR pour l’Afrique Centrale, Simon Brooks, le CICR procède à une distribution des vivres.

Les près de 7 350 ménages des déplacés recensés à l’Extrême-Nord reçoivent des vivres en cinq rounds par an. «La ration que nous donnons couvre les besoins alimentaires d’un ménage d’une taille moyenne de six personnes pendant 30 jours. Elle est composée d’un sac de riz de 50kg, un sac de mil de 25 kg, un sac de farine de maïs de 25kg, 10 litres d’huile de table et 1kg de sel», précise le Délégué EcoSec (sécurité économique) CICR Extrême-Nord, Ibrahim Dit Falke.

La délégation du CICR qui est sur le terrain depuis quelques jours constate que la situation est en train de se stabiliser de l’autre côté de la frontière, précisément vers Mogode, dans le Mayo Tsanaga, où l’on observe un retour progressif de ces déplacés dans leurs communautés. Par contre, au niveau du Mayo Mostoka, les incursions de la secte nigériane se poursuivent. «Ce qui explique qu’on note beaucoup de déplacés à Koza», relève Ibrahim Dit Falke.