Cameroun – Haut-Nkam: Un mort promu commissaire de police par Paul Biya

L’officier principal de police Fongang Lovala Rutge Rutge, en service au commissariat spécial du Haut-Nkam jusqu’à son décès, a été promu commissaire de police.

Décédé pendant le mois de juin 2015 de suite d’un accident de circulation à Yaoundé, inhumé dans son Nord-Ouest natal, l’officier Fongang Lovala Rutge ne pourra, à l’instar de ses camarades d’armes, porter les 04 étoiles dorées tant recherchées par les membres de la police nationale.

Le décret du 03 novembre 2015
Cela suite au Décret du 03 Novembre 2015 signé Paul Biya portant avancement d’échelon et de grade en faveur des officiers principaux de police au titre de l’année 2015.
Sans doute va-t-on ressusciter le pauvre pour venir prendre les insignes qui lui revenaient de plein droit. Toujours est-il que ses collègues sont à l’honneur. Les autres chefs d’unité du département ont bénéficié, eux aussi de la « largesse » présidentielle.
Les officiers principaux de police à la tête des commissariats de sécurité publique des villes de Kekem et de Bafang ont été promus au grade de commissaire.

Tout comme le chef d’antenne opérationnel de la surveillance du territoire du Haut-Nkam, madame l’officier principal de police à la tête du commissariat spécial du département ainsi que son adjoint.
Tous ces responsables de la police camerounaise en poste dans le département, vont ainsi, au terme d’un stage d’imprégnation, compléter leurs étoiles à quatre
C’est suite à la mise en place, depuis leur arrivée dans le département, d’un train de mesures sécuritaires que les populations soufflent un peu, même s’il ya encore d’énormes poches de résistance.

Une gestion calamiteuse du cas Fongang Lovala Rutge.
Ce cas pose un véritable problème : comment réagira sa famille ? Comment est-il possible de gérer avec autant de légèreté les ressources humaines dans un Etat qui se veut moderne ?
Le problème est d’autant plus grave que ce n’est pas la première fois que le Chef de l’Etat nomme ou accorde des distinctions à des personnes décédées. Ses anciens collaborateurs s’accordent pour reconnaitre que les dossiers s’accumulent sur son bureau sans que personne n’ose le lui rappeler. Par conséquent, comme il signe, et la loi le lui permets, à sa guise, pas étonnant que des morts se retrouvent trop souvent dans ses décrets.