Cameroun – Gréve: Le gouvernement recule face aux transporteurs routiers

Les services du Premier ministre ont engagé le dialogue et obtenu des syndicats une levée du mot d’ordre de grève, qui devait prendre effet ce 3 octobre, à cause notamment de l’augmentation des tarifs d’assurance.

« Levée du mot d’ordre de grève du lundi 3 octobre 2016 ». C’est l’objet d’un communiqué de presse que le collectif des syndicats des transporteurs routiers ont fait diffuser dimanche 2 octobre 2016 à l’issue d’une réunion de concertation tenue dans les services du Premier ministre, autour de 11h 10 minutes. 237online.com Le gouvernement, au départ muet depuis le préavis de débrayage lancé le 21 septembre 2016, a ainsi réussi à désamorcer une grève nationale du secteur des transports, née notamment du fait de l’augmentation des tarifs d’assurance. Pour expliquer sa pondération, le collectif des syndicats, représenté par son porte-parole Patrice Samen et deux autres leaders (Prosper Aimé Essomba et Guy Olivier Ndie Fotie), a déclaré : « dans le souci de privilégier le dialogue social franc et sincère prôné par le chef de l’Etat Paul Biya, artisan de la paix, nous, collectif des syndicats des transports routiers, levons

notre mot d’ordre de grève du 3 octobre et laissons libre cours aux différentes concertations engagées par le gouvernement et les assureurs ». Avant d’ajouter : « Par conséquent, la réforme sur les assurances est suspendue et le mécanisme de contrôle de paiement des sinistres sera mis sur pied ultérieurement ». En outre, les représentants des transporteurs disent avoir pris en considération « l’implication personnelle » du Premier ministre dans la résolution de leurs revendications. Par ailleurs, ils ont pris en compte l’absence sur le territoire national du ministre des Transports (Edgard Alain Mebe Ngo’o), du ministre du Travail et de la sécurité sociale (Grégoire Owona), du ministre des Finances (Alamine Ousmane Mey), et le directeur national des assurances. Sans oublier la médiation du greffier des syndicats. Pour mémoire, les transporteurs dénoncent la décision du ministère des Finances (Minfi) portant augmentation des tarifs des primes d’assurances qui a pris effet depuis le 1er septembre. Et selon l’étude du Collectif, les tarifs 4 A zone A ont subi une augmentation relative de 32 000 FCFA pour les primes d’assurance de six mois des véhicules de 2 à 24 chevaux à essence et diesel. Il y a l’instauration du paiement des primes d’assurance à partir de six mois au lieu de 2 à 3 mois comme auparavant. Les transporteurs pensent que la décision du Minfi n’est pas encadrée par des mesures d’accompagnement et qu’une étude d’impact environnemental de ladite décision ministériel n’a pas été faite. Au regard de tous ces griefs, le Collectif a recommandé le report de l’entrée en vigueur de la décision du Minfi afin de permettre aux parties prenantes une meilleure concertation. Il exige aussi la restauration à deux mois du paiement des primes d’assurance pour « permettre aux consommateurs des véhicules personnels/transporteurs de lutter contre la pauvreté ». Toujours dans son chapelet de revendications, l’organisation des transporteurs rappelle au Premier ministre qu’il avait signé un décret en 2006, instituant la vignette unique mobile obligatoire, avec en son sein l’ensemble des pièces exigibles, et collée sur le pare-brise du véhicule, visible lors des contrôles routiers. Mais elle est au regret que cette mesure qui devait participer à la lutte contre les transporteurs routiers clandestins n’a pas été largement diffusée, et elle serait en souffrance dans les tiroirs. Plus grave encore, des photocopies de demande d’établissement des cartes grises à cause du retard dans les productions des pièces originales, sont à la source des véhicules sans plaques d’immatriculation Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale).