Cameroun – gouvernement: Encore un volume pléthorique

Malgré les récentes dénonciations de la presse panafricaine et camerounaise, Paul Biya n’a pas cru devoir revoir à la baisse la taille de son gouvernement réaménagé le 2 octobre 2015.

Décidément Paul Biya est incorrigible. Le gouvernement tant attendu depuis bientôt quatre ans a enfin été revu. Ce replâtrage de faible amplitude selon les sismologues brille par son caractère toujours pléthorique, donc budgétivore. Au total, 62 ministres et assimilés. En 33 ans de magistère, le chef de l’Etat a modifié son gouvernement 34 fois. L’actuel gouvernement compte un Premier ministre, un vice-Premier ministre, des ministres d’Etat, ministres, ministres sans portefeuille, ministres chargés de mission, ministres délégués et les secrétaires d’Etat, conformément à l’article 2 du décret du 8 décembre 2004 portant organisation du gouvernement.
Dans son édition en ligne, mise à jour le 10 septembre 2015, Jeune Afrique de Béchir Ben Yahmed, dans une enquête intitulée «Vos ministres et députés sont-ils trop nombreux ?» a comparé les gouvernements des pays africains, du point de vu du nombre. Et le résultat place le Cameroun en tête de ce palmarès peu élogieux.

Le gouvernement «Yang III», sorti du remaniement ministériel du 2 octobre 2015, compte pas moins de 41 ministres. Le record continental. Bon à savoir, les ministres d’Etat, ministres attachés à la présidence ainsi que les ministres de plein exercice…ne sont pas comptés. Avec 62 ministres et assimilés, le Cameroun est classé derrière le «champion toute catégorie confondue», la Guinée équatoriale, avec 89 membres du gouvernement. Yaoundé est suivi par l’Angola, qui compte 39 ministres et par l’Afrique du Sud, 37 ministres. Vient ensuite le Congo-Brazza, 35 ministres.
Au-delà de l’arithmétique, se pose un problème de fond. Paul Biya est-il capable de désigner chacun de ses ministres par son nom avec la dénomination exacte de son portefeuille? Cela relèverait du miracle ! Toujours est-il que, selon nombre d’observateurs du landernau sociopolitique camerounais, le chef de l’Etat est dans une logique de récompense. Raison pour laquelle il se croit obligé de créer des postes pour faire des clins d’œil aux «créatures» qu’il souhaite mettre à ses pieds.
Sinon comment comprendre le chevauchement, l’émiettement des portefeuilles comme celui relatif au secteur de l’éducation, de la formation et de la recherche. Cet éclatement accouche de cinq ministères: ministère de l’Education de base, ministère des Enseignements secondaires, ministère de l’Enseignement supérieur, ministère de la Recherche scientifique, ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Ailleurs, tous ces cinq portefeuilles ministériels seraient regroupés en un seul ou au plus en deux. Encore faut-il ajouter des ministres délégués et secrétaires d’Etat qui y sont parachutés.
Toutes choses qui grèvent le budget et vont aux antipodes du resserrement du train de vie de l’Etat clamé, proclamé et réclamé par les politiques et bailleurs de fonds.