CAMEROUN :: GESTION DES DENIERS PUBLICS : MALVERSATIONS IGNORÉES

Si les arguments du Minjustice sont pertinents, il reste que l’affaire Mebe Ngo’o a permis de dépoussiérer certains dossiers qui montrent que les pouvoirs publics sont souvent tenus informés des malversations financières des hauts commis de l’Etat, longtemps avant leur interpellation. Dans son édition du 13 mars 2019, votre journal dans un article intitulé : « L’ancien gouverneur de la BEAC sauve le Cameroun des griffes de Mebe Ngo’o camer.be» renseigne qu’en 2010, l’ex gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Lucas Abaga Nchama avait rejeté une « fausse lettre de garantie émise par la BEAC » présentée par l’ancien ministre de la Défense à la société de vente d’armes croate « Sestan-Bush » dans le cadre d’une vente de casques à l’armée camerounaise.

« Cette opération est inconnue des services de la BEAC. La banque centrale n’a jamais donné une telle garantie ou tout au moins été en situation de l’octroyer », réagissait alors l’ex gouverneur de la BEAC après avoir été saisi par la société croate pour vérification. L’Equato-guinéen ira plus loin en transmettant « copie de la lettre et des documents » au ministre des Finances de l’époque, Essimi Menye.

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Parallèlement, les services de renseignement adressent quelque temps après, une note au chef de l’Etat pour l’informer que « depuis deux ans, un petit réseau coiffé par le Mindef à l’international a escroqué la société Company Sestan-Busch, spécialisée dans la vente des armes lourdes et des munitions. En 2010, au cours d’un séjour privé Europe, le Mindef, Edgard Alain Mebe Ngo’o, négocie avec cette société l’éventualité et la possibilité de la signature d’un contrat pour la livraison d’armes au Cameroun.»

D’après les services de renseignements, l’ex Mindef a au passage obtenu des Croates environ 315 millions de FCFA dans ce contrat de 9 milliards de FCFA. De 2010 jusqu’à son départ du gouvernement en 2018, Edgard Alain Mebe Ngo’o est parti du ministère de la Défense en 2015 pour celui des Transports où il passe trois ans. L’issue de son procès nous dira probablement s’il n’ya pas eu d’autres malversations entre temps.