Cameroun – Gaz domestique: Le Premier ministre fixe les conditions de manipulation

Il vient de rendre public un arrêté relatif à la manutention, au stockage et au transport des bouteilles à gaz domestique, alors que des textes antérieurs n’étaient pas appliqués.

Comme un coup d’épée de plus dans l’eau! Serait-on tenté de dire à la lecture de cet arrêté du Premier ministre (PM), chef du gouvernement, signé le 26 mai 2015, mais publié plus de trois mois plus tard, c’est-à-dire hier 31 août 2015. On se rappelle qu’en début du mois de juin de cette année, Le ministre de l’Eau et de l’énergie (Minee), Basile Atangana Kouna, avait déjà publié un arrêté réglementant ce secteur, et portant notamment sur les modalités d’implantation géographique des centres de redistribution ou dépôts de stockage des bouteilles de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Ledit texte mettait un point d’honneur sur les distances à observer entre ces établissements de deuxième catégorie, jugés dangereux, et les maisons d’habitation ou les établissements accueillant le public. Malheureusement, bien des mois après, ces commerces pullulent encore dans les quartiers, dans une dangereuse harmonie, et au grand mépris des textes réglementaires.

Et voilà que survient cet autre arrêté du PM, qui «fixe les conditions de manutention, de stockage et de transport par palettes des bouteilles à GPL au Cameroun». Un tour effectué dans certains quartiers de la ville de Yaoundé permet de se rendre compte du très peu de considération que les opérateurs de la filière accordent aux instructions gouvernementales. Dans un dépôt d’une très grande capacité situé au quartier Mvan, non seulement la distance réglementaire à observer avec les maisons d’habitation n’est pas respectée, mais aussi, il n’y a aucune trace de palette, et encore moins de chaussures de sécurité ou de gant pour les manutentionnaires.
Le cas d’un autre dépôt situé à Ekounou, lieu-dit montée Carroussel, est plus édifiant. Un camion transportant des bouteilles de gaz, couchées et empilées les unes sur les autres, est garé en pleine chaussée. Les garçons qui s’affairent pour le déchargement ne sont pourvus d’aucun équipement mentionné dans l’arrêté du PM. www.237online.com Le dépôt lui-même est accolé à des maisons d’habitation et des bars. Plus grave encore, il est au bord d’un axe de grande circulation. Des exemples similaires sont légions dans nos villes.
D’après certains observateurs, ce texte du PM n’a pas plus de chance d’être respecté que les précédents.
«On parle de formation des personnes appelées à manipuler les bouteilles, sans préciser celui qui en supporte les frais. Connaissant la mentalité des employeurs, je suis curieux de voir lequel va appliquer cela», indique un habitant de Yaoundé. On ne perd donc rien à attendre.