CAMEROUN :: FRANC CFA : ATOUT OU FREIN À L’ÉMERGENCE DE LA CEMAC ?

Question débattue jeudi dernier à Douala lors de la 1ère édition du « débat patronal » organisé par le Gicam.

C’est à un échange, alimenté par des thèses et antithèses, que les invités au « Débat patronal » ont eu droit le 17 avril dernier à Douala. La réflexion qui a regroupé les patronats camerounais et centrafricain avait pour thème : « Franc Cfa : atout ou frein à l’émergence des pays de la zone Cemac ». Cette assise s’est déroulée en présence du consul général de France à Douala, Christian Michel Robert.

La rencontre de réflexion et d’échanges avait pour objectif de recentrer le débat sur le franc Cfa autour des préoccupations économiques et des enjeux de la politique monétaire pour les entreprises de la sous-région Afrique centrale. Au terme des interventions des différents panélistes, les avis demeurent partagés sur la question de savoir si le franc Cfa est un atout ou un frein à l’émergence de la zone Cemac. L’info claire et nette. «Le franc Cfa n’est pas un handicap pour le développement de la zone Cemac. C’est la qualité de notre gouvernance qui fait problème. Cette gouvernance est telle que même si nous venons à sortir de la zone franc, si nous ne gérons pas bien notre monnaie, nous aurons plus de problèmes », a affirmé le Pr. Désiré Avom, agrégé des facultés de sciences économiques. « Tous les indicateurs produits par toutes les institutions internationales positionnent les pays de l’Afrique centrale à la queue du classement parmi les indicateurs de gouvernance », a-t-il soutenu. Selon lui, le franc Cfa présente 13 atouts politiques et économiques contre 20 freins.

Une thèse qui n’est pas partagée par Bruno Alkis Domyou Noubi, panéliste, et pour qui une réforme monétaire est nécessaire dans la zone Cemac. Ladite réforme passe par la mise en place d’une monnaie locale qui aiderait à booster la production locale. « Celui qui contrôle la monnaie fait la loi », a-t-il affirmé. Entre les deux extrêmes, le Dr Yves Ekoué Amaizo, économiste, propose le juste milieu sans toutefois trancher la question. Il met en exergue la nécessaire implication du secteur privé. « Pour lever les freins, le Gicam, qui représente le secteur privé, doit pouvoir participer aux débats. Les Etats doivent d’abord accepter de faire participer le secteur privé.

L’Etat ne devrait pas parler au nom du secteur privé. Les populations et la société civile doivent aussi participer aux débats. On ne peut pas accepter que quelqu’un de l’extérieur prenne la décision à notre place. Il faut changer les règles de l’unanimité au sein du conseil d’administration de la zone franc », a-t-il expliqué. La prochaine édition du « Débat patronal » est prévue avant la fin de cette année.