Cameroun – Fokou, le magnat de l’aciérie est tombé

Il a perdu la main. Il ne l’a même pas passé. Son rêve n’a pas résisté à la libéralisation économique.
La libre concurrence l’a foudroyée.

Et, il est tombé comme une feuille morte dans son domaine de prédilection : la quincaillerie. Finie l’époque où il était la référence dans la vente des pointes, des treillis soudés, des fils d’attache, brouettes, des fers à béton… bref des matériaux de construction. Non loin du marché central de Yaoundé, le groupe Fokou est en plein dans le commerce général. Idem à Essos. Il résiste encore à Mokolo où son entrepôt a fini par donner son nom à ce lieu, car il est devenu courant pour les usagers de donner une destination : Fokou Mokolo.
Si la renommée demeure dans l’esprit des Camerounais, les acteurs des BTP et des particuliers qui ambitionnent construire une maison aujourd’hui savent vers qui se tourner. Cogeni, Quiffeurou, Afrique construction, Sorepco, Fodou, etc. Ainsi, les petits quincaillers ont tiré avantage de l’ouverture des marchés.
Les produits sont désormais importés d’Asie notamment de la Chine.

Selon plusieurs sources concordantes, la descente aux enfers dans le domaine de la quincaillerie remonte à l’explosion survenue des Aciéries du Cameroun acquis en 1998 à Douala, dès le début des années 2000. Cette situation aurait fortement réduit la production des outils métalliques, donc la demande sur le marché se faisait de plus en plus grande. La fonte de la ferraille, un élément constitutif de la production des produits finis étant en baisse, c’est vers l’importation des lingots de fer que l’entreprise s’est vue obligée de se résoudre. Une politique qui a fortement entamé le climat social au sein de l’entreprise avec le pic en 2006, lorsque l’entreprise par la force des choses a procédé au licenciement d’une bonne partie de son personnel. www.237online.com Les signes d’épuisement d’une entreprise débutée en 1980 sont devenus plus prégnants.
Aujourd’hui, le groupe Fokou grâce à la diversification de ses activités est visible dans le vin et les spiritueux à travers Sofaving, la transformation du bois, la plasturgie, le BTP, la gestion des déchets, l’ameublement et décoration, mais aussi l’agroalimentaire, à travers New Foods qui rentre dans le portefeuille de Bernard Fokou, son promoteur. En attendant la transformation du fer de Mballam à la lisière du Cameroun et du Congo, le Rockefeller camerounais continue son œuvre dans la production des matériaux de constructions au Congo et au Gabon.