Cameroun – Finances publiques: L’Etat au bord de la faillite

Pour payer les salaires des fonctionnaires de l’Etat pour le mois d’août, le gouvernent a eu recours à une levée de fonds auprès de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac).

Grosse frayeur dans les couloirs du ministère des Finances le mois dernier. Jusqu’au 20 août, à quelques jours de la rentrée scolaire, les salaires des personnels de l’Etat étaient toujours incertains, indique-t-on au ministère des Finances (Minfi), le principal ordonnateur du budget de l’Etat. Il se rapporte que l’administration publique a multiplié des stratagèmes pour sauver les meubles.
Ainsi, apprend-on, le trésor public Camerounais a procédé le mercredi 19 août 2015, à l’émission des bons du trésor assimilables d’une valeur de 5 milliards Fcfa. Le 2 septembre, l’Etat une fois encore, a émis des bons du trésor assimilables à hauteur de 5 milliards Fcfa. Dans la même foulée, le gouvernement a puisé dans le stock de réserves de change et a fait des tirages sur les avances statutaires au niveau de la Beac, pour requinquer ses caisses.
Pour certains responsables du Minfi approchés, ces opérations ne sont pas étroitement liées au paiement des salaires mais obéissent plutôt à un calendrier fixé d’avance. Par contre, ceux-ci reconnaissent à l’unanimité que l’économie camerounaise est à bout de souffle. «La tension de trésorerie est perceptible.

L’Etat paie difficilement sa dette intérieure. Les prestataires de services vivent un véritable calvaire. La menace d’une cessation de paiement de salaire plane» confie un inspecteur de trésor ayant naturellement requis l’anonymat. Devoir de réserve oblige. Pour ce haut cadre de l’administration, si l’Etat n’avait pas entrepris certaines démarches, il y avait de fortes chances que les fonctionnaires ne perçoivent pas leur salaire du mois d’août.
Quant à l’avenir, notre interlocuteur est un peu inquiet. Il précise à cet effet : « les réserves de change à la Beac ont chuté de 171 milliards de Fcfa en 2014. Le plafond des avances statutaires à la Beac serait déjà atteint ou presque. Le pays n’arrive plus à lever des fonds comme il l’entend. Nous ne sommes pas à l’abri d’un autre ajustement structurel ». Qu’à cela ne tienne, les ex employés des sociétés d’Etat liquidées au restructurées ne désespèrent point quant à leur indemnisation qu’ils attendent depuis plus de 25 ans.