Cameroun: Figures emblématiques du syndicalisme camerounais

Satougle, le précurseur du monolithisme  
Ephémère premier président de l’Untc (de 1972 à 1975), syndicat unique à la solde de l’Union nationale camerounaise (Unc), Satougle n’a pas fait long feu pour un bail qui n’aura duré que trois années.

Mais trois années qui furent suffisamment dévastatrices pour le mouvement syndical parce que ayant provoqué au passage la mort de l’une de ses dignes fils : Jacques Ngom qui n’avait pas digéré ce croc en jambe syndical de son camarade Satougle. Il ne sortira pas vivant d’un infarctus qui le cloua sur son lit d’hôpital des mois durant.

Emilien Abondo,  le charismatique   
Il prend les rênes de l’UNTC en 1975 à la suite de Satougle. En leader charismatique, il a été de tous les combats et de toutes les revendications visant à faire du mouvement syndical une véritable force entre les mains des travailleurs. Mais ses idées novatrices butent sur l’hermétisme du système politique néo colonial. Pour la petite histoire, il a voulu construire un siège de l’Untc  sur le site de l’actuel Palais des sports. Mais il se heurta à un cinglant refus de Moussa Yaya,

le tout puissant chargé des questions sociales au sein de l’UNC/RDPC. Abondo a, à son actif, le mérite  d’avoir posé les premiers jalons pour l’émancipation du mouvement syndical camerounais. Mais mal lui en prendra parce que son ambition de mettre en place un syndicalisme digne de ce nom entrera en conflit avec ses visées politiques carriéristes. Evincé de l’Untc en 1980, il sera pratiquement récompensé par deux prestigieux et ô combien stratégiques postes de Ministres de la Défense et de l’Administration territoriale. Il décède en 2013 dans l’anonymat le plus total.

Fouda Sima, le colon
Ténébreux et très effacé 3ème président de l’Untc, il n’en est pas moins celui par qui – et non grâce à qui – la transition s’est opérée. Le tout premier Président de l’Organisation syndicale des travailleurs du Cameroun (Ostc) créée en 1985 est un pur produit du système néocolonial créé de toutes pièces pour remplacer le non conciliant Abondo. Journaliste de profession, il n’en est pas pour autant un fervent défenseur des libertés en général et syndicales et particulier. Même si, pour les besoins de la cause du parti unique, il créera un syndicat national des journalistes pour mieux en contrôler toute velléité d’émancipation. Sa qualité de membre titulaire du comité central sous la bannière de l’Unc et du Rdpc en fait un cacique de la première heure. Il assistera néanmoins, impuissant, à la mort de l’inféodation du syndicalisme du parti unique en 1992.

Bakot Ndjock, le traître
Il fut un éphémère président de la Cstc qui avait confondu mouvement syndical et tradition mbombock du peuple Bassa. Dernier fait d’arme d’un traitre dont le loyalisme se mesurait à l’aune de ses intérêts personnels, Bakot servira de marche pied aux pouvoirs publics dans l’intronisation de Ntone Diboti et la destitution de Essiga dont il était pourtant l’un des conseillers. Aujourd’hui très affaibli par la maladie et évacué hors du pays, il ressasse sans doute ces épisodes peu glorieux du syndicalisme depuis un centre hospitalier européen où il coulerait des jours pas du tout agréables.

Jules Mousséni, l’agent secret
Les mauvaises langues disent de lui qu’il a plutôt été l’homme des services secrets infiltrés au sein du mouvement syndical camerounais et même africain. En syndicaliste pétri d’expérience, il a dirigé l’Organisation des travailleurs de l’Afrique centrale (Otac) à Kinshasa. De retour au pays, il tentera de diriger la Cstc sans succès avant d’échouer comme SG de l’Union des syndicats libres du Cameroun (Uslc) sous l’instigation de la bouillonnante Salomé Ntsogo, son inséparable compagne syndicale.

Isaac Bissala, la girouette
Président de l’Union générale des travailleurs du Cameroun (Ugtc), il est surtout connu pour avoir occupé les fonctions de banquier avant de faire irruption dans le mouvement syndical. Il use et abuse du pouvoir des médias qui le lui rendent bien. Homme d’action brouillon, il passe pour quelqu’un qui  ferait plus de bruit et apparait de ce fait comme une girouette entre les mains des partenaires sociaux. Les mauvaises langues affirment qu’il se sert du syndicat plus qu’il ne le sert. Un  détour au siège de l’Ugtc permet de se rendre compte que la permanente n’est autre que son épouse et le Sg, son beau-frère. Il passe pour un ardent défenseur du syndicalisme familier et ne saurait donc prétendre prendre fait et cause pour les travailleurs. On le voit partout et toujours esseulé, comme si l’Ugtc c’était lui et lui seul.

Salomé Ntsogo, l’amazone   
C’est l’amazone qui a eu le malheur de créer la première scission au sein de la Cstc en 1995. Opportuniste patenté, son parcours est jalonné de faits d’armes plutôt contradictoires. Du temps où elle officiait comme aide-soignante à Cogefar, sa fulgurante ascension qui le mena au poste de cadre au sein de cette entreprise aura laissé pantois plus d’un observateur. De fait, il s’agirait d’un poste de récompense à lui octroyé par l’entreprise pour ses efforts déployés pour aguicher de hauts responsables rencontrés lors du processus de règlement des factures et autres prestations. D’ailleurs, elle passait le plus clair de son temps à tisser ses mouchoirs qu’à étudier les dossiers. Sa lettre par écrit de 1995 dans laquelle elle sollicitait officiellement, via Andze Tsoungui, l’aide du chef de l’Etat pour créer une centrale concurrente de la Cstc, donne d’elle une image qui, si elle n’est pas sombre, n’est pas aussi reluisante que ça. Elle aura marqué de son empreinte négative l’histoire du mouvement syndical camerounais contemporain et surtout au sein de l’Usl où elle faisait et défaisait les leaders comme vice-présidente.

Classement par ordre d’importance des 12 confédérations syndicales
(Election des délégués du personnel de 2014, source non officielle, mais crédible)
1-   Cstc ……………1526 délégués du personnel ;
2-   Uslc……………….876 délégués du personnel ;
3-   Csac………………794délégués du personnel;
4-   Entente………….440 délégués du personnel;
5-   Ugtc…………….320 délégués du personnel;
6-   Cgstc……………320 délégués du personnel;
7-   Ccwtuc…………..162 délégués du personnel;
8-   Ctuc………………112 délégués du personnel;
9-   Cgt-Liberté………66 délégués du personnel;
10-               Cct………….62 délégués du personnel;
11-               Csic…………16 délégués du personnel;
12-               Csp………..00 délégués du personnel