Cameroun – Examen blanc: Une nouvelle donne dans l’évaluation du permis de conduire

Cette initiative, sur laquelle d’autres professionnels du secteur émettent des réserves, concerne les candidats à cet examen national résidant à Yaoundé.

Les initiateurs du projet considèrent l’examen blanc comme une petite révolution dans le monde de la formation en conduite automobile au Cameroun. Les 17 et 18 août dernier en effet, près de 800 candidats ont participé pour la première fois et uniquement dans la ville de Yaoundé, à cet examen national. Ils étaient appelés à subir des exercices pratiques, sous la coordination du Syndicat des enseignants d’auto-écoles du Cameroun. «Nous avons remarqué que les candidats à l’examen du permis de conduire n’étaient pas suffisamment outillés. En plus de la formation qu’ils reçoivent dans les auto-écoles, ils n’avaient pas cette manière d’affronter les épreuves», explique le président national dudit syndicat, Roger Kamsu.
Dans les milieux de formation et de conduite automobile, les avis restent pourtant mitigés sur la question. La prudence reste donc de mise, même si la plupart des promoteurs d’auto-écoles rencontrés louent l’initiative. «C’est pas une mauvaise chose en tant que telle, sauf qu’il faudra agir sur l’organisation et la sécurité, pour qu’il n’y ait aucun incident et aucune plainte après», analyse le président national du Syndicat des exploitants des auto-écoles du Cameroun, Francis Ngah Messobo. «Il faut que ceux qui organisent soient sérieux», renchérit son confrère du Syndicat des chauffeurs de transport péri-urbain, Prosper Essomba. Les responsables du ministère des Transports approchés n’ont pas, quant à eux, souhaité s’étaler sur la question. Même s’ils reconnaissent que l’initiative est bonne, ils s’empressent d’ajouter qu’elle outrepasse les prérogatives accordées aux organismes syndicaux.

Au Syndicat des enseignants d’auto-écoles du Cameroun, on affirme avoir obtenu l’aval du nouveau délégué régional des Transports du Centre, qui serait venu personnellement assister à l’examen blanc. Des informations confirmées par l’intéressé, qui trouve l’initiative louable. «Nous ne voulons pas prendre le pas sur les prérogatives du ministère des Transports, se défend Roger Kamsu. De la même manière que vous prenez un répétiteur à la maison, nous aussi on organise l’examen blanc.» L’initiateur du projet est d’autant plus déterminé à poursuivre son action que les résultats sont encourageants : sur les 800 candidats ayant composé gratuitement à l’examen blanc, il déclare avoir obtenu un taux de réussite de 87% à l’examen national.
Selon des sources concordantes, l’examen blanc a toujours été organisé au sein des auto-écoles au Cameroun, mais il n’y avait jamais eu un examen blanc rassemblant des candidats venant de différents instituts de formation. Pour cette première au Cameroun, le Syndicat des enseignants d’auto-écoles déclare s’être inspiré du Sénégal. «Nous voulions que les candidats se retrouvent face à des enseignants autres que ceux qu’ils ont l’habitude de côtoyer», déclare Roger Kamsu, qui ajoute par ailleurs vouloir pérenniser l’initiative. Le prochain examen blanc est prévu le 24 septembre, soit 2 jours avant l’examen national.