Cameroun: Ces pratiques qui plombent le dynamisme des entreprises

Le Gicam cite entre autres l’intensification du commerce illicite, l’accumulation des crédits de TVA, le rallongement des délais de paiement et la rationalisation des procédures du commerce extérieur.

Pendant la 124ème assemblée générale ordinaire et élective, qui a débouché sur l’élection d’un nouveau conseil exécutif de la plus grande organisation patronale du pays, jeudi dernier à Douala, le secrétaire exécutif du Gicam, Alain Blaise Batongué, est revenu sur les principales difficultés des chefs d’entreprises. Elles sont, selon lui, au nombre de quatre et méritent un déploiement de mesures urgentes par les pouvoirs publics. A savoir, l’intensification du commerce illicite, l’accumulation des crédits de TVA, le rallongement des délais de paiement, et enfin, la rationalisation des procédures du commerce extérieur. S’agissant, notamment, de l’intensification du commerce illicite, LQE a pu apprendre que ce phénomène s’est aggravé notamment en la faveur de la baisse du Naira au Nigéria et menace plus que jamais l’activité du tissu industriel national. « Il touche les produits pharmaceutiques et cosmétiques, les produits de grande consommation et de l’agro-industrie, les tissus et produits textiles,

les œuvres de l’esprit, et bien d’autres. A l’évidence, les différentes mesures prises jusqu’ici pour endiguer ce phénomène ne produisent que des résultats limités ; raison pour laquelle, nous insistons sur la nécessité de mettre en place une instance bipartite autonome et paritaire disposant d’un mécanisme de financement approprié pour lutter contre ce fléau », explique-t-il. Et comme si ça ne suffisait pas, les entreprises locales doivent aussi faire face à l’épineuse question de l’accumulation des crédits de TVA. Le secrétaire exécutif du Gicam explique à ce sujet que cette préoccupation ne cesse de revenir sur la table, depuis quelques temps. Elle a, apprend-on, donné lieu cette année à l’inscription d’une mesure spéciale dans la liste des recommandations du Cameroon Business Forum : « Opérationnaliser le compte séquestre dédié au remboursement des crédits de TVA ». Pour le Gicam, il est important de considérer cette disposition du gouvernement comme menant à la résolution de cet important problème. Cependant, il pense qu’il est indispensable de revenir aux sources du problème. Comment ? «En supprimant purement et simplement le principe de la retenue à la source, ou alors en permettant à toute entreprise relevant du régime du réel de procéder à la retenue à la source et ; en procédant à un audit conjoint des mécanismes actuels de remboursement des crédits de TVA pour y apporter des ajustements motivés et partagés »,propose le Gicam. L’autre grande difficulté des chefs d’entreprises demeure le rallongement des délais de paiement. Pour le Gicam, les PME en souffrent chaque jour, un peu plus dans le cadre de leurs relations commerciales avec les entreprises de plus grande taille et dans le cadre de la commande publique. « Cet allongement alourdi la gestion financière des PME, affecte leur rentabilité et menace leur survie. Plusieurs pays ont légiféré sur cette question, et nous pensons qu’il serait indiqué que le Cameroun mette en place un dispositif institutionnel permettant d’encadrer, suivre et évaluer périodiquement l’évolution des délais de paiements interentreprises et ceux de la commande publique », fait savoir Alain Blaise Batongué. Quant à la rationalisation des procédures du commerce extérieur, le secrétaire exécutif du Gicam explique que les procédures du commerce extérieur viennent de subir des réformes importantes ; notamment l’entrée en vigueur du nouveau programme de vérification des importations conclu entre le gouvernement et la Société générale de surveillance (SGS), qui se traduit par plusieurs innovations dont le passage de l’inspection avant embarquement à la vérification documentaire et, surtout, l’introduction du 100% scanning des conteneurs au Port de Douala. « Presque concomitamment, le Guichet unique (GUCE) a lancé en décembre 2016 sa nouvelle plateforme, le e-Force qui consacre une grande avancée dans la dématérialisation des procédures », indique-t-il, précisant que de nouvelles orientations seront certainement données par le nouvel exécutif, pour trouver des solutions concrètes et pérennes à ces préoccupations.