Cameroun – Budget 2015 : Les recettes non pétrolières en hausse

Elles croissent de 3,7% au premier trimestre, soit un excédent de 25,8 milliards F Cfa par rapport à la même période en 2014.

Le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, a rendu public par voie de presse hier, les chiffres sur l’exécution budgétaire du Cameroun à fin mars 2015. On apprend, en parcourant ce document, que les recettes budgétaires internes recouvrées au cours du premier trimestre s’élèvent 722,5 milliards F Cfa. Elles sont en hausse de 22,8 milliards (+ 3,7%) par rapport à la même période en 2014 où elles se situaient à 696,7 milliards F Cfa. Cette hausse, explique le Minfi, est attribuable aux recettes non pétrolières qui croissent de 57,9 milliards (9,7%). Elles passent de  594,1 milliards à fin mars 2014 à 652 milliards entre les deux périodes. Ainsi, par rapport aux 630,1 milliards de prévision trimestrielle, les recettes non pétrolières sont en dépassement de 21,9 milliards, soit un taux de réalisation de 103,5%. Sommairement, l’évolution et les réalisations des principales composantes des recettes non pétrolières se présentent comme suit :

impôts et taxes : 454,5 milliards contre 413 milliards au premier trimestre 2014, soit une hausse de 41,5 milliards (+10%) par rapport à l’année ; et les recettes douanières : 170 milliards à fin mars contre 164,4 milliards en mars 2014, soit une augmentation de 8,6 milliards (+5,3%) en glissement annuel.
Les recettes pétrolières, elles, chutent de 31,3%, soit 32,1 milliards en moins qu’à la même période en 2014. Elles présentent un taux de réalisation de 49,8%, par rapport aux 141,5 milliards de prévision trimestrielle. Elles se chiffrent à 70,5 milliards à fin mars, dont 64,1 milliards de redevance de la Société nationale des hydrocarbures (Snh).
Il faut préciser que, afin de combler le gap que devait inéluctablement causer la chute des cours mondiaux du brut, le gouvernement avait décidé d’augmenter sa production pétrolière en 2015. Cela qui a permis au Cameroun de franchir la barre de 100.000 barils par jour, ce qui ne s’était plus reproduit au Cameroun depuis 2002. C’est dire que même cette hausse de la production n’a pas pu éviter une grosse perte au pays.
Cependant, les dépenses budgétaires totales sont largement en hausse. Elles sont de 163,5 milliards (+27,4%) en glissement. Elles se chiffrent notamment à 761,1 milliards à fin mars contre 597,6 milliards au cours de la même période en 2014. Cet accroissement des dépenses budgétaires, précise Alamine Ousmane Mey, se justifie par la hausse des dépenses courantes (+22,8%), des dépenses d’investissement (+37,6%), et du service de la dette (+34,5). Finalement, les prévisions trimestrielles des recettes budgétaires totales, fixées à 920,6 milliards, n’ont pas été atteintes ; leur taux de réalisation est de 89%. Pour le Minfi, cette réalisation est imputable aux recettes pétrolières et aux emprunts et dons. « Les emprunts et dons s’élèvent à 107 milliards au premier trimestre 2015 contre 86,1 milliards un an plus tôt, soit une augmentation de 20,9 milliards (24,3%) », explique-t-il.