Cambriolages en série a Manguiers

Une quarantaine de cas enregistrés depuis le 1er mai dans ce quartier de Yaoundé .

Le 17 juin dernier, trois jeunes gens ont été interpellés au quartier Manguiers et conduits à la Division régionale de la police judicaire du Centre.Leur arrestation fait suite à un cas de vol perpétré non loin du carrefour Sorcier un jour avant. Ce groupe de malfaiteurs est accusé d’avoir arraché le sac de l’épouse du commandant des équipes spéciales d’intervention rapide de la ville de Yaoundé. Selon les informations recueillies à la Drpj, le sac arraché contenait plus d’un million F.Cfa. Les trois hommes arrêtés ont reconnu les faits avant d’indiquer qu’ils ne sont pas à leur premier coup de vol au quartierManguiers.

A la Division régionale de la police judiciaire duCentre (Drpj), on parle au moins de 32 agressions signalées entre le 1er juin jusqu’à ce jour. La semaine dernière encore, Elvis Nkobe, un étudiant, a été agressé autour de 21h au niveau des rails. Ses deux téléphones portableset son ordinateur portable ont été emportés par les malfrats. L’insécurité au quartier Manguiers prend de plus en plus d’ampleur avec les agressions et braquages à domicile. Les personnes traversant certains endroits du quartier, peuvent également être dépouillées de tous leurs biens. C’est le cas sur la route quimène vers la station Total, en passant à l’AgenceAmigo transport, située à Tongolo. « Lorsque vous êtes sur cette route, on peut vous arracher le sac à toutmoment.

Les malfrats n’ont peur de rien dans ce secteur », explique Raymond Binyet, un habitant. RomualdNgwé, un habitant du quartier, explique qu’il y a environ deux semaines, il a entendu deux coups de feu tirés derrière le dispensaire du quartier. Selon les informations qu’il a eues après, la police poursuivait les malfrats qui venaient de cambrioler dans une maison.Depuis quelques jours des dispositions ont été prises pour sécuriser les populations « Chaque nuit des policiers font des patrouilles au quartier. Ils peuvent vous interpeller à tout moment », déclare un habitant.

Au carrefour « beignets » par exemple, les jeunes gens âgés de 16 à 30 ans, de jour comme de nuit s’adonnent à des activités telles que les jeux des cartes, le trafic de drogue. Ils se retrouvent dans un bar non loin du carrefour. Selon les riverains, ces jeunes gens recèlent et revendent également le butin de leurs complices. « On peut vous vendre un ordinateur portable ici au prix de rien », affirme un habitant du coin.

Dans certains domiciles, les dispositions ont été prises pour limiter le risque de se faire agresser. Suzanne a ainsi fait passer sa clôture de deux à trois mètres et demi de hauteur.Cela n’amalheureusement pas empêché les malfrats de revenir chez elle, car lemois dernier, elle a été stoppée à l’entrée de sa maison par des gens armés ce jour–là d’un pistolet. Elle se trouvait dans son véhicule pendant l’agression. La montée du marché Elig-Edzoa est aussi réputée être une zone très dangereuse. Profitant des embouteillages, lesmalfrats ouvrent régulièrement les portières des véhicules et s’emparent des sacs et des téléphones portables des occupants. Isidore Mengué, étudiant dans un institut privé, en a  été victime la semaine dernière dans un taxi. Il se rendait à Etoudi lorsque son téléphone portable lui a été arraché à travers la portière au niveau de la montée du marché Elig-Edzoa.