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Camair-Co : des gros sous et de gros intérêts

Camair-Co : des gros sous et de gros intérêts

Les hommes du pouvoir se battent, les réseaux font et défont les dirigeants de la compagnie aérienne nationale.

Hier jeudi 10 septembre, l’information sur la tenue d’une session extraordinaire du Conseil d’administration de Camair-Co circulait dans plusieurs salons de Douala et Yaoundé. Mercredi déjà, l’on en parlait, avec les mêmes certitudes. A la direction générale de Camair-Co, le silence était de marbre, en dehors d’un publi-reportage organisé la veille dans les médias audiovisuels, pour annoncer avec triomphe le départ des passagers qui avaient manifesté lundi à Yaoundé. Les vols à destination de Paris et d’Arabie Saoudite ont été opérés grâce à deux avions Airbus A330 loués par Camair-Co pour parer au plus urgent. Dans l’entourage de Jean-Paul Nana Sandjo, il se dit que le plus important « c’est que les passagers puissent partir aux heures prévues ».

La sérénité de mise affichée à Camair-Co cache mal l’ambiance au sommet, notamment au sein du Conseil d’administration, et au niveau de la présidence de la République où se joue la suite de l’affaire. L’annonce de la tenue imminente d’une réunion du Conseil d’administration participe au jeu. « Il n’y a aucune réunion du Conseil en vue », a indiqué au Jour un haut cadre de Camair-Co, au moment même où un administrateur réitérait que « le Conseil va siéger ».

Quand et où alors ? Aucune réponse d’un de nos interlocuteurs, qui n’a pas été en mesure de produire son invitation au conseil annoncé, prétextant une confidentialité prescrite par les plus hautes autorités. « La situation de Camair-Co est délicate et le gouvernement ne peut plus attendre longtemps », annonce un autre administrateur, lui aussi incapable d’être plus précis sur les événements en cours.

Le Jour a appris que le blocage du plan de relance de Camair-Co est entretenu par des autorités qui ont intérêt dans le dossier. A commencer par le secrétariat général de la présidence de la République où l’un des collaborateurs du chef de l’Etat a annoncé un nom pour remplacer Jean-Paul Nana Sandjo. Notre source parle d’une tentative visant à saborder le plan de relance dont le financement à hauteur de 25 milliards de Francs Cfa par un pool de banques camerounaises a été rendu possible grâce à l’entregent de l’actuel président du Conseil d’administration, Edouard Akame Mfoumou. Le camp adverse estimant qu’une sortie de crise et une réussite à Camair-Co, placerait en pole position Akame Mfoumou, dans la perspective du remaniement ministériel que tout Yaoundé politique attend.

 

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