BTS, licence professionnelle… Un raccourci pour l’emploi

Mais la formation, dans certains établissements n’est pas de qualité.

Le cycle de BTS est aujourd’hui très sollicité par les jeunes qui viennent d’obtenir leur BAC. Les raisons sont nombreuses. C’est avant tout, un raccourci pour accéder vite au marché de l’emploi, car la formation ici allie théorie et pratique. Elle est donc professionnalisante. A la fin du cursus de deux ans, l’étudiant est supposé avoir un savoir-faire. Le BTS est aussi un diplôme universitaire et ses détenteurs n’ont pas de complexe à développer devant leurs camarades titulaires de licence (Bac+3). Certaines filières de ce cycle permettent un auto-emploi, ce qui n’est pas le moindre de ses avantages.
L’informatique, l’hôtellerie-restauration, le commerce demeurent les filières qui cartonnent. Même si le diplôme est destiné avant tout à l’entrée dans la vie active, des possibilités demeurent pour envisager la poursuite des études. La licence professionnelle, un an après le BTS, est une opportunité, une espèce de spécialisation, en fait.
Toutefois, un titulaire sur trois seulement choisit cette option, très souvent parce que la formation est chère et côtoie le million en licence professionnelle. Le foisonnement des instituts privés d’enseignement supérieur proposant le cycle BTS et la licence professionnelle au Cameroun est telle qu’il faut une véritable étude pour déterminer le rapport offre de formation et demande dans ce secteur. Ces établissements poussent comme des champignons et deviennent moins des cadres de formation pointue que des maisons de commerce pures et simples. Les offres de formations sont variées et touchent les secteurs banque et finances, comptabilité et gestion, assurances, électricité, information et communication, commerce, etc. Mais les investissements ne sont pas toujours conséquents.

Certains promoteurs optent pour la facilité, privilégiant au détriment de la pratique, les enseignements théoriques, avec des enseignants parfois peu qualifiés. Parlant des équipements des ateliers de pratique, Lucien Wantou Siantou qui explique que c’est très onéreux et qu’il faut souvent des fortunes pour équiper certains comme des ateliers de mécanique-auto, bois ou les studios radio et télévision. «Nous y parvenons par souci de demeurer un repère, offrir une solide formation et donner un bon exemple dans le secteur des instituts supérieurs privés au Cameroun où nous comptons parmi les pionniers », affirme-t-il.
Mais la réalité reste tenace dans plusieurs cas. Imaginez un étudiant titulaire du BTS journalisme qui arrive jusqu’en licence professionnelle sans jamais entrer dans un studio-école. Pareil pour son camarade des métiers du bois qui n’a jamais tenu une scie… Telle, est hélas ! l’autre réalité du BTS et licence professionnelle au Cameroun. Ils sont nombreux qu’on verse sur le marché sans technicité, ni savoir-faire.