Bertrand Mendouga, Président de la Fédération camerounaise de boxe (Fécaboxe), « Il n’y a pas de guerre Minsep – Fécaboxe »

Bertrand Mendouga, Président de la Fédération camerounaise de boxe (Fécaboxe), « Il n’y a pas de guerre Minsep – Fécaboxe »

Initialement banni du processus électoral à la Fécaboxe par le ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep), le président sortant a finalement été reconduit à la tête de la Fécaboxe le 30 novembre 2013, à la faveur de la reprise des élections. Il revisite la grave crise qui a secoué cette fédération civile sportive nationale et expose son plan de relance de la boxe camerounaise pour son troisième mandat.

Quelle est l’ambiance qui règne au sein de la boxe camerounaise après votre réélection il y a un mois et demi?

C’est un climat de sérénité voire d’optimisme d’une manière générale. Il y a une reprise effective des activités dont il faudrait se satisfaire. Nos rapports se sont normalisés avec les instances internationales et continentales. Le Cameroun a été réhabilité au sein de la grande famille de la boxe mondiale grâce à la levée de notre suspension provisoire par l’Association internationale de boxe (Aiba) suite à la reprise des élections fédérales conformément à nos textes organiques. Autrement dit nous pouvons à nouveau prendre part aux activités de la boxe à travers le monde, participer aux compétitions ou en organiser, participer à des stages et séminaires de formation en ce qui concerne les entraîneurs, les juges-arbitres et même les administratifs. Sur le plan local, le 14 décembre 2013, c’était la tenue de notre Conseil d’administration de plein droit. Nous avons pu implémenter notre dynamique de mobilisation générale sans exclusive, de conciliation et de rassemblement pour la reconstruction de notre boxe en incorporant toutes les bonnes volontés y compris des adversaires farouches au sein du conseil d’administration. Le même jour au Camp de l’unité de Yaoundé, nous avons organisé un gala national de boxe en guise d’ouverture et de clôture de saison pour éviter une saison sportive blanche. L’émulation et l’enthousiasme des boxeurs en disaient long sur leur joie de renouer avec la compétition. Nous venons d’organiser à Yaoundé deux regroupements nationaux de présélection de quarante boxeurs d’élites dans l’optique de la reconstitution de nos équipes nationales sénior, des jeunes et des dames. Voilà quelques faits tangibles qui créditent la mise en œuvre de notre plan de relève de la boxe camerounaise. Nous estimons donc que la crise qui a miné la Fécaboxe de mars à novembre 2013 n’est plus qu’un vieux souvenir.

N’est-ce pas assez tôt de conclure à une normalisation de la situation tellement la grogne semble encore souffler dans vos rangs si l’on s’en tient à certaines déclarations qui fusent çà et là? 

Tandis que nous sommes plutôt soucieux de marquer des progrès dans la matérialisation de la relève de la boxe camerounaise, une poignée d’individus qui se satisfaisaient de la situation de paralysie d’antan continue à prôner le chaos bien que fortement démentis par les réalités. Ça donne une idée de l’ampleur de l’animosité que d’aucuns nourrissent contre notre équipe dirigeante mais davantage contre les boxeurs dont-ils veulent torpiller les projets de carrière voire d’éclosion sociale dans le sport qu’ils ont choisi de pratiquer et d’en faire leur gagne-pain.

Vos contradicteurs laissent surtout entendre que l’Aiba vous a imposé à la tête de la Fécaboxe en procédant à la suspension du Cameroun pour faire pression sur le gouvernement qu’elle a accusé au passage d’immixtion dans le processus électoral. Qu’en répondez-vous ?

C’est normal que des esprits ayant peu ou pas du tout quelque connaissance du fonctionnement des organismes internationaux et des textes qui les régissent fassent prospérer de telles allégations.

Je n’en dirais pas plus pour ne pas en rajouter à cette polémique nauséeuse. Nous sommes repartis sur des bases saines et solides avec un nouveau bureau exécutif conforté par un vote démocratique au cours d’un processus électoral irréprochable organisé dans des conditions transparentes, équitables et justes par une commission électorale indépendante, que présidait l’honorable sénateur Emmanuel Nnemde,  un ancien président de la Fécaboxe. Il y a lieu de préciser ici que le président de la Commission électorale a été désigné par l’Assemblée générale de la Fécaboxe de manière souveraine. Tandis que les autres candidats avaient adopté comme plan d’actions de « chasser Mendouga » parfois en rusant avec des options illicites, la grande majorité des membres de notre assemblée générale élective a opéré le choix du programme d’actions qui leur semblait susceptible de relever la boxe camerounaise. Celui dont le candidat Bertrand Magloire Mendouga et son équipe étaient porteurs. L’heure de l’action a déjà sonné, c’est l’unique base sur laquelle nous serons évalués à la fin de l’olympiade.

Quelle est à présent la nature de vos relations avec votre tutelle?

Il faut dire que la période de crise marquée par le contentieux électoral est derrière nous. Nous travaillons pour une saine collaboration et l’établissement des relations normales.  A mon sens des rapports entre tutelle et fédération sportive civile nationale puisque nous sommes tous liés par des objectifs communs ; ceux d’encadrer et former la jeunesse à travers l’animation du mouvement sportif national, dans notre discipline sportive en ce concerne la Fécaboxe, et de faire rayonner  l’image de marque du Cameroun à l’échelon international en assurant à nos pugilistes une participation remarquable à des compétitions internationales. Il y a lieu donc lieu de préciser qu’il n’y a pas de guerre Minsep-Fécaboxe. Je parle ici du Minsep en tant qu’institution ou encore autorité morale. Mais nous ne perdons pas de vue que des individus peuvent impacter négativement le fonctionnement d’une institution en dévoyant ses missions. Que la tête de Mendouga soit mise à prix, qu’il faille lui glisser des peaux de banane sous les pieds ou ériger des blocages sur son chemin, tout cela m’a semblé être l’œuvre des individus. Dans le cas présent, notre tutelle a joué un rôle déterminant pour une sortie de crise et la normalisation de la situation de la Fécaboxe. Notamment pour la conciliation des différentes parties, et en autorisant la reprise des élections pour répondre aux exigences de l’Aiba et de la Chambre d’arbitrage et de conciliation du Comité national  olympique et sportif du Cameroun (Cnos). Il y a donc lieu d’être serein, le ciel n’est pas nuageux entre notre fédération et le Minsep.

Sur le plan personnel, quelles relations entretenez-vous avec M. Adoum Garoua, l’actuel Minsep, qui a pris la décision du 12 mars 2013 vous excluant du processus électoral de la Fécaboxe, la veille de l’Assemblée générale élective dont les résultats seront plus tard invalidés ?

Je connais M. Adoum Garoua comme membre du gouvernement. Il est précisément mon ministre de tutelle en sa qualité de ministre des Sports et de l’Education physique. Nous n’entretenons aucune relation particulière et c’est tout à fait normal.

Quelle est la situation actuelle de Justin Tchwem, votre éphémère successeur à la tête de la fédération? 

Nous sommes sans nouvelles de M. Justin Tchwem depuis sa démission, appuyée par une correspondance adressée au Minsep, du processus électoral qui a conduit à ma réélection le 30 novembre dernier.

A notre connaissance, c’est bien lui qui demeure entraîneur national de boxe du Cameroun, son remplacement n’ayant pas été opéré jusque-là. 

Le fonctionnaire Justin Tchwem a été atteint par la limite d’âge pour la retraite depuis plus d’un an déjà. Par conséquent, pour la bonne continuité du service au niveau de la boxe, nous avons cru devoir proposer une nouvelle équipe d’encadrement de notre équipe nationale de boxe à notre tutelle. Nous sommes donc en attente de sa décision. C’est la raison pour laquelle la fédération a décidé de confier de façon provisoire l’encadrement de cette équipe à un collège d’entraîneurs que vous avez vu à l’œuvre durant les deux camps d’entrainement récemment organisés.

Pour l’élection du 30 novembre 2013, vous avez bénéficié du soutien de Jean Marie Akono Ze, votre successeur à la tête de la Fécaboxe en 2005 et principal adversaire. Qu’est-ce qui peux justifier ce revirement ?

M. Jean Marie Akono Ze que je félicite d’ailleurs au passage pour sa brillante élection comme maire de la commune d’Awaé, n’a jamais été qu’un adversaire sportif. Et s’étant orienté vers une carrière politique, il lui a semblé tout naturel de porter son soutien sur ma modeste personne que d’aller vers cet inconnu que représentaient les différents autres candidats à cette élection. Il a en outre exprimé le vœu de continuer à soutenir la boxe camerounaise selon ses disponibilités. Raison pour laquelle il siège au Conseil d’administration de la Fécaboxe comme membre.

Pouvez-vous nous dévoiler votre programme d’actions pour la saison sportive qui commence ?

C’est un programme dont la mise en œuvre a déjà commencé. Nous venons de boucler deux importants regroupements des potentiels boxeurs d’élite dans le cadre de la mise en œuvre du processus de reconstitution de notre équipe nationale de boxe. Le premier regroupement y afférent a mobilisé une trentaine de pugilistes du 27 au 31 décembre 2013 et concernait sept régions du pays à l’exception du Littoral et du Centre. Les boxeurs de ces deux régions, nos principaux viviers en boxeurs, ont pris part au deuxième regroupement qui a eu lieu du 13 au 19 janvier 2014. Les quarante pugilistes sélectionnés par l’encadrement technique à l’issue de ces deux stages constituent le socle sur lequel sera fondée la nouvelle équipe nationale. L’aspect préoccupant de la formation continue et la remise à niveau de nos encadreurs techniques sera solutionné bientôt avec l’organisation ici à Yaoundé dans les prochains jours et sous l’égide de la Confédération africaine de boxe (Cab) du «  Stage des entraineurs two and three stars AIBA ». Le calendrier annuel 2014 de nos activités sera officialisé lors des assises du Conseil d’administration ordinaire prévues à Garoua le 08 février prochain. Nous allons également procéder en cette occasion à l’ouverture de la saison sportive 2014 par l’organisation de la première journée du championnat national « Elite one ».

Le public camerounais pourra-t-il revivre des compétions internationales comme par le passé ?

Immanquablement puisque la suspension de notre pays qui nous a privé de compétitions internationales en 2013 a été levée au mois de décembre dernier. Connaissant le potentiel immense de boxeurs professionnels camerounais actuellement à travers le monde, parmi lesquels des champions du monde au sein des fédérations de boxe professionnelle parmi les plus huppées mondialement, il est fort à parier que le Cameroun pourra accueillir sur son sol d’autres championnats mondiaux de boxe à l’instar de ceux livrés par notre compatriote, Issa Hamza. A court terme, nous avons pu obtenir de la Confédération africaine de boxe (Cab) l’attribution au Cameroun de l’organisation du championnat d’Afrique Zone III et du championnat d’Afrique junior et des dames.

Ces deux grands évènements sportifs sont prévus à Yaoundé du 02 au 08 mars 2014. Nous nous satisfaisons du fait que le gouvernement de la République ait pris des dispositions pour organiser ces deux compétitions internationales sur le sol camerounais. Nous remercions les pouvoirs publics pour cette marque de confiance à l’actuelle équipe dirigeante de la Fécaboxe. Ces deux rendez-vous pugilistiques internationaux seront inscrits dans le calendrier annuel 2014 de la fédération qui sera adopté lors du conseil d’administration du 08 février prochain à Garoua. Au-delà du challenge d’une organisation à succès, l’autre défi est de pouvoir hisser nos boxeurs sur les plus hautes marches du podium lors de ces deux compétitions continentales.

N’est-ce pas un leurre d’imaginer les boxeurs camerounais réaliser des prouesses dans un mois et demi tandis que l’équipe nationale est plutôt en pleine reconstruction ?

Nous misons sur une bonne préparation de nos pugilistes. Ce travail a commencé avec les deux derniers  regroupements. Le véritable stage préparatoire débute dès le 09 février prochain et ce jusqu’au 1er mars 2014 et concerne l’équipe nationale séniors, des jeunes et des dames. Les boxeurs seront sortis fraichement de la première journée du championnat national « Elite one » qui aura lieu le 08 février. La deuxième journée est programmée à dessein juste deux semaines plus tard en date du 22 février. Ce sera une belle occasion supplémentaire de réhabituer les boxeurs aux oppositions, à des situations de combat. Vous remarquez à l’observation comme moi que l’encadrement technique a axé son travail sur la densification des entraînements et la multiplication des oppositions. Au regard du potentiel,  nous sommes optimistes quant à nos possibilités de réaliser des résultats probants lors du championnat d’Afrique Zone III et du championnat d’Afrique junior et des dames.

Nous présumons que le calendrier international des équipes nationales de boxe du Cameroun est loin d’être circonscrit à ces deux compétitions que le pays va abriter sur son sol. Pouvons-nous avoir d’autres précisions ?

Le championnat d’Afrique junior qui se tiendra ici est qualificatif pour le championnat du monde des Jeunes de Sofia en Bulgarie au mois d’Avril. Nos jeunes ont donc un sérieux challenge à relever pour que le Cameroun  y réponde présent. Au mois de mai, il y aura les jeux Africains de la Jeunesse à Gaborone au Botswana. Notre équipe nationale des séniors sera engagé quant à elle au championnat d’Afrique sénior en juin. Nous attendons des précisions de la Cab sur le pays devant accueillir ce rendez-vous. Au mois de juillet, nos boxeurs seront appelés à défendre les couleurs du Cameroun aux jeux du Commonwealth à Glasgow en Ecosse. A mon avis nous avons là un calendrier suffisamment étoffé.

Trois ans nous séparent des prochains jeux olympiques de Rio de Janeiro. Pensez-vous en si peu de temps pouvoir produire des boxeurs à même d’y remporter des médailles olympiques?

Il y a de gros espoirs pour des lendemains meilleurs pour la boxe camerounaise. Le Cameroun a toujours été une terre de grands boxeurs. L’histoire de ce pays retient que c’est des boxeurs qui ont procuré au Cameroun ses deux premières médailles olympiques ; Joseph Bessala de regretté mémoire en 1968 à Mexico et Martin Ndongo Ebanga en 1984 à Los-Angeles. Trente ans après, la boxe camerounaise n’a plus remporté quelque médaille olympique, bien que nous ayons chaque fois qualifié des boxeurs. Notre challenge au cours de la présente olympiade est donc de renouer avec la médaille olympique en boxe lors des Jeux olympique de Rio de Janeiro au Brésil en 2016. Nous ne pouvons atteindre cette performance qu’avec des grands boxeurs. C’est pourquoi nous nous attelons actuellement à la reconstitution de notre équipe nationale d’élite, d’une équipe des jeunes et d’une équipe des dames. Bref le socle que nous allons devoir performer au fil des saisons.

 

BIO- EXPRESS

Né : le 28 novembre 1959 à Douala ;
Inspecteur Principal du trésor de classe exceptionnelle (ENAM : 1987-1989) ;
Depuis 2011 : Fondé des pouvoirs (Direction générale du Trésor) au MINFI
2001-2004 et depuis 2009 : Président de la Fécaboxe;
2005-2006 : Président de la Fécajudo;
Président fondateur du club de football ASMY 1er

EXPERIENCES ANNEXES
Membre de la Commission de Suivi-Evaluation des Régies-Financières (CONAC) ;
Membre du Comité de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) ;
Vice-Président de la Commission Nationale de Contrôle de la Qualité Comptable.
 DISTINCTIONS HONORIFIQUES
2002 : Chevalier de l’Ordre du Mérite Camerounais
2004 : Officier de l’Ordre du Mérite Camerounais
2005 : Chevalier de l’ordre de la valeur

 

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