Avec 106 milliards FCfa investis en 2017, UBA Cameroun a doublé ses placements dans les titres publics

Selon les états financiers officiels du groupe bancaire nigérian United Bank of Africa (UBA), publiés au mois de mars dernier, sa filiale au Cameroun a réussi à placer, tout au long de l’année 2017, un volume global de 71,349 millions de nairas (106 milliards de francs Cfa) dans les titres publics. Cette somme double pratiquement les 38,133 millions de nairas (56,7 milliards de francs Cfa) placés dans les titres publics au cours de l’année 2016.

A l’observation, la forte progression des placements de cette institution bancaire dans les titres publics, résulte de la hausse des volumes de financements sollicités (depuis fin 2015) par les Etats de la Cemac, sur le marché des titres de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), institut d’émission des six Etats de la Cemac (Cameroun Congo, Gabon, Tchad, Guinée équatoriale et RCA).

Cette course au marché des titres publics est consécutive à la baisse des recettes publiques, situation elle-même tributaire de la conjoncture internationale morose autour des cours du pétrole brut, produit qui constitue une source de revenus importante pour cinq (excepté la RCA) des six Etats-membres de la Cemac (entre 70 et 80% des recettes publiques au Congo et en Guinée équatoriale, par exemple).

En effet, principalement animé (depuis son lancement en 2011) dans un premier temps par le Cameroun et le Gabon, deux pays qui ont agréé la filiale camerounaise d’UBA comme leur bras armé sur le marché des titres de la Beac, cette place financière est désormais courue par les quatre autres Etats de la Cemac, qui s’y livrent une concurrence farouche dans la mobilisation des financements.

Par ailleurs, les titres publics (pour certains, à l’instar des Bons du Trésor, les intérêts sont précomptés) sont de plus en plus prisés par les établissements financiers de la zone Cemac, depuis l’adoption par la Banque des Etats de l’Afrique centrale d’un cadre juridique réglementant l’admission directe de ces titres comme collatéral au refinancement de la Beac.

En clair, les titres des Etats achetés par les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) ou Prestataires des services d’investissements (PSI actif à la bourse), qui sont généralement des banques dans le cas d’espèce, peuvent à tout moment être restitués à la Beac, en échange de liquidités.

Brice R. Mbodiam