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Au Cameroun, est-ce vrai que tout s’achète par la Corruption, sauf le fauteuil de Paul Biya?

Au Cameroun, est-ce vrai que tout s’achète par la Corruption, sauf le fauteuil de Paul Biya?

A l’occasion de la célébration de la  Journée de la lutte  contre la corruption, les membres de Transparency International (TI) ont rendu public la semaine dernière, le baromètre mondial de la corruption 2015. L’enquête  réalisée dans 28 pays d’Afrique subsaharienne – entre mars 2014 et septembre 2015 – dont le Cameroun, place la police camerounaise en tête de liste, suivie des impôts et les dirigeants d’entreprises. «Sur les six principaux services publics sur les lesquels les questions ont porté, les personnes qui ont été en contact avec la police ou les tribunaux sont les plus  susceptibles à avoir versé un pot-de-vin. Les personnes ont respectivement versées 34% et 32%. Le Cameroun est le seul pays sur les 28 où tous les six services publics sont fortement corrompus », indique la neuvième édition de cette enquête.

Le Cameroun est actuellement dirigée par son président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, élu à toutes les élections qu’il organise. La constitution congolaise n’autorisait avant 2008 que deux mandats consécutifs. Paul Biya a tout fait pour sauter ce verrou en 2008 au prix du sang. Aujourd’hui, il détient la majorité absolue à l’assemblée nationale, toutes les chambres confondues. Toutefois la gestion de Biya est plutôt contestée, notamment par les Camerounais eux-mêmes qui déplorent la corruption de son gouvernement et le favoritisme systématique qu’il opère en faveur de ses sbires

La présidence de Biya est également entachée de fraude, ce qui n’est pas pour améliorer son image auprès des Camerounais.Les Camerounais sont conscients des fraudes, des bourrages d’urnes et de la malhonnêteté de ceux qui les gouvernent, mais le sentiment d’impuissance domine.Paul Biya dirige l’armée, la police, et n’hésite pas à s’en servir pour réprimer durement les voix contestataires qui osent murmurer leur indignation.

Face à cet autoritarisme, les partis d’opposition semblent bien impuissants. Même si le soutien populaire ne leur fait bien souvent pas défaut, ils sont souvent peu affûtés – au sens propre comme au figuré – pour faire face au parti au pouvoir. Le SDF, principal parti d’opposition qui prône le pouvoir au peuple souffre ces dernières années d’un manque de pragmatisme

En outre, l’action des partis d’opposition est considérablement freinée par la répression orchestrée par le parti au pouvoir. Malgré un pluralisme de façade, la plupart des manifestations et meetings politiques sont interdits, les arrestations et détentions arbitraires (accompagnées de tortures) de membres de l’opposition sont monnaie courante. Être actif politiquement constitue un réel danger pour les militants de l’opposition et pour leur entourage qui vivent dans une insécurité permanente.

La lutte politique et citoyenne contre la mal gestion du gouvernement est aussi rendue complexe et risquée par le peu de cas qui est fait de la liberté d’expression au Cameroun. Les seuls médias qui couvrent l’ensemble du territoire national sont ceux contrôlés par le gouvernement et personne n’est dupe quant à leur neutralité et à leur indépendance : leurs programmes vantent constamment les projets et grands travaux de Paul Biya mais n’évoquent jamais les défauts pourtant nombreux de sa politique.

Corruption et mal gestion : le Cameroun de Paul Biya

La corruption est l’un des principaux problèmes qui minent le Cameroun ; l’argent est systématiquement détourné par les hommes de pouvoir. Les gens qui dirigent sont intelligents et compétents mais n’ont pas de conscience ; une fois au pouvoir, ils perdent de vue l’intérêt général pour ne défendre que leurs intérêts personnels. Plusieurs études ou enquêtes de journalistes étrangers ont révélé les sommes exorbitantes que gagnaient les élites camerounaises ; Paul Biya lui-même possède une fortune incommensurable qu’il n’a jamais déclaré au fisc comme le stipule l’article 66 de la constitution camerounaise.

L’Article  66 de la Constitution camerounaise stipule que:  » Le Président de la République, le 1er Ministre, les membres du gouvernement et assimilés, le président et les membres du bureau de l’Assemblée Nationale, le président et les membres du bureau du Sénat, les Députés, les Sénateurs, tout détenteur d’un mandat électif, les Secrétaires Généraux des ministères et assimilés, les Directeurs Généraux des entreprises publiques et parapubliques, les Magistrats, les personnels des administrations chargées de l’assiette, du recouvrement et du maniement des recettes publiques, tout gestionnaire de crédits et des biens publics, doivent faire une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction. »

En conséquence de la corruption et du détournement de fonds systématique, les milliards brassés par le gouvernement – entre les revenus de l’économie, les impôts, l’argent du trafic des ressources ou encore les aides internationales – ne profitent absolument pas aux Cameroun.

Pour mener à bien la restructuration du Cameroun, les Camerounais ne font bien entendu plus confiance à Paul Biya qui a prouvé depuis longtemps déjà qu’il n’était pas en mesure d’apporter le changement nécessaire. Le Cameroun a besoin d’un renouveau, qui pourrait se concrétiser par l’arrivée au pouvoir d’un homme  providentiel. Cet homme devrait agir par amour pour son pays et de manière désintéressée, pour le bien de ses compatriotes et non dans le but de servir ses intérêts ou ceux de ses proches ou de sa famille.

Au Cameroun, la lutte contre la corruption ne convainc pas. L’opération Epervier lancée en 2006 en même temps que la Conac est critiquée et taxée d’instrument politique. Si une vingtaine de ministres ont été arrêtés pour des détournements de fonds, l’opinion publique retient surtout que d’autres personnalités citées dans des dossiers accablants continuent de vaquer à leurs occupations.

Le problème principal au Cameroun, c’est que les hommes au pouvoir ne pensent qu’à eux, à leur survie et à leur avenir, ils ne pensent pas à l’avenir des générations futures comme on le fait en occident, c’est pour cela qu’il n’y a pas d’investissements, de construction d’infrastructures et d’amélioration du quotidien de camerounais, parce que personne ne voit plus loin que son propre avenir, en tout cas pas ceux qui dirigent le pays.

Le favoritisme est aussi un fléau car pour accéder aux postes importants, le réseau est plus efficace que le mérite ou les compétences. La corruption est aussi de mise pour ce qui est de  la vie politique : dès qu’un opposant à Paul Biya commence à se faire remarquer et exprime à haute voix des critiques vis-à-vis de la mauvaise gestion du pays, on achète son silence par des pots-de-vin et des promotions à des postes importants de l’administration. C’est pour cela que l’opposition n’a que peu d’influence, elle ne dure jamais très longtemps car pour ceux qui détiennent le pouvoir et les richesses, tout s’achète. 
Au Cameroun,  est-ce vrai que tout s’achète par la corruption, sauf le fauteuil de Paul Biya? Telle est la question de la semaine

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