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ARMÉE TCHADIENNE, COUTEAUX À DOUBLE TRANCHANT

ARMÉE TCHADIENNE, COUTEAUX À DOUBLE TRANCHANT

Des scènes de liesse ont accompagné l’entrée des soldats tchadiens samedi de la semaine dernière à Kousseri, ville de l’extrême nord du Cameroun frontalière au Tchad.

L’Agence française de presse rapporte en effet que «des milliers de Camerounais de Kousseri ont applaudi au passage du convoi, scandant des «bravo», levant le poing ou faisant le V de la victoire pour encourager les soldats.» ce convoi d’environ 400 véhicules, dont des chars et des véhicules blindés, ralliait Maltam, à 80 kilomètres au sud de Kousseri, sur la route de Maroua, la capitale régionale de l’Extrême-Nord.

Une concrétisation de la promesse d’envoyer «un important contingent des forces armées tchadiennes» pour soutenir les soldats camerounais. Un engagement pris quelques jours plutôt par Ndjamena. Premier objectif, la reconquête de Baga. Cette ville située au nord-est du Nigeria sur les rives du lac Tchad est la base principale de la force multinationale. «La libération de cette localité qui constitue l’épicentre de nos échanges économiques est indispensable à la relance du trafic et à la circulation des biens et des personnes en toute sécurité» a justifié Idriss Deby Itno, le président tchadien, en requérant l’autorisation de l’assemblée nationale pour cette opération.

Même à Etoudi, l’on n’a pas caché sa joie: «le président de la République du Cameroun salue chaleureusement ce geste de fraternité et de solidarité qui s’inscrits dans l’engagement constant des deux chefs d’Etat en faveur de la stabilité, de la paix et de la sécurité de leurs pays et de leurs peuples respectifs» exalte un communiqué de Issa Tchiroma Bakary, le ministre camerounais de la communication signé le 15 janvier dernier.

Le fiasco centrafricain

Mais, cette même armée qui est aujourd’hui accueilli en libérateur a quitté sur des huées la République centrafricaine l’année dernière. Les soldats tchadiens étaient régulièrement accusés depuis l’arrivée au pouvoir de la Séléka de passivité voire de connivence face à leurs exactions. Et N’Djamena réfutait toujours avec force les dites accusation et recevait chaque fois le soutien appuyé de l’Union africaine et de la France pour son engagement en Centrafrique jusqu’à la fusillade du samedi 28 mars 2014. Après cet incident qui a fait une trentaine de morts et environ 300 blessés, l’Organisation des Nations unies (Onu) avait ouvert une enquête dont les conclusions se sont avérées sans appel.

«Dès que le convoi de l’armée nationale tchadienne a atteint la zone de marché du (quartier) PK12, ils auraient ouvert le feu sur la population sans qu’il y ait eu de provocation. Alors que les gens fuyaient dans la panique dans toutes les directions, les soldats ont continué à tirer de façon indiscriminée» tranchait le rapport d’enquête présenté par Rupert Colville, l’un porte-parole du Haut-commissariat de l’Onu aux droits de l’homme. Au Mali, le départ de l’armée tchadienne avait également été marqué par des actes d’indiscipline des soldats tchadiens. C’est dire s’il faut rester vigilant.

 

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