Année scolaire: les casse-têtes de la rentrée

Plus que quelques jours, et les cloches de la rentrée scolaire 2015-2016 vont résonner, invitant écoliers et élèves à reprendre le chemin des classes, à renouer avec livres et cahiers. Déjà, nos villes et campagnes devraient être plongées dans l’effervescence des préparatifs de cet événement. Mais force est de constater que contrairement aux années précédentes, une certaine timidité règne encore dans les établissements scolaires envahis par les mauvaises herbes, dans les librairies et autres magasins, ainsi que les familles. Le contexte sécuritaire de cette rentrée, marquée par la lutte intensive contre les attaques de la secte islamiste Boko Haram, ne peut cependant pas tout expliquer.

Dans une école privée sise au centre-ville de Yaoundé, le sujet préoccupe et anime même les conversations de l’équipe de permanenciers en place. « C’est un véritable souci pour notre fondateur, l’équipe dirigeante et même nous les enseignants. Nous avons tenu une réunion extraordinaire pour réfléchir aux moyens d’assurer, autant que faire se peut, la sécurité des enfants qui nous sont confiés, surtout que notre école est située en bordure de route. Dans un premier temps, nous avons décidé d’instaurer des badges d’accès pour les parents et les élèves. Sans le badge approprié, bien visible, on n’entre pas. De plus, nous allons tripler nos équipes de surveillance et insister plus que jamais sur les notions de discipline. A cet effet, nous tiendrons une réunion dès la première semaine de la rentrée pour sensibiliser les parents aux règles de sécurité mises en place dans le contexte actuel », assure Marie-Claire O., secrétaire de la directrice de l’établissement.

librairieAlors que responsables d’écoles, des lycées et collèges se creusent ainsi les méninges pour protéger leurs pupilles et infrastructures, les parents, eux, ont la tête à autre chose. Les finances en particulier. « J’avais déjà inscrit tous mes enfants entre avril et juillet comme l’exigeaient leurs établissements respectifs. Il me reste maintenant à payer les premières tranches des scolarités qui s’élèvent à 700 000 pour tous les quatre : deux au collège, un au primaire et le dernier à la maternelle. Et je ne parle même pas des fournitures scolaires. Généralement, je prends mes dispositions mais là j’ai subi plusieurs mauvais coups : la perte de mon emploi, le vol d’une somme importante dans un braquage… Je compte sur le Seigneur pour me venir en aide », avoue C. Edjeungue, père de famille. Dame Sotherine A., mère de famille, se fait des nœuds au cerveau pour n’avoir pas encore trouvé un point de chute à ses deux enfants. « Je viens d’être affectée dans la ville. Je n’ai pas encore trouvé de logement. Il faut que je gère tout en même temps : le déménagement, les inscriptions des enfants. Si je ne suis pas avancé d’ici la fin de cette semaine, je les mettrais dans un internat au Nord-Ouest où j’étais en poste », affirme la dame.

De leur côté, les différentes autorités en charge du secteur de l’éducation multiplient les réunions pour assurer un plein succès à l’année scolaire en perspective. Un succès qui devrait être marqué par une baisse notable du taux d’échec aux examens, mais aussi par l’augmentation du taux de scolarisation et la limitation des déperditions scolaires féminines en particulier. C’est clair qu’en cette veille de rentrée scolaire, la communauté éducative nationale met le cap sur la vigilance, à tous les niveaux.