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Ambition: Le Cameroun veut contrôler la qualité des produits cosmétiques

Ambition: Le Cameroun veut contrôler la qualité des produits cosmétiques

A l’initiative du Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME), des spécialistes sont formés dans l’optique d’effectuer des contrôles sur la qualité des produits cosmétiques au Cameroun.

Les produits cosmétiques en circulation au Cameroun vont bientôt faire l’objet d’un contrôle strict et rigoureux. C’est l’ambition du Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME). Cet établissement public dont la mission est de contrôler la qualité du médicament et autres produits pharmaceutiques, ainsi que les produits cosmétiques et alimentaires, a initié une formation d’experts sur la sécurité et la qualité des produits cosmétiques au Cameroun.

Situation alarmante

La situation est en effet préoccupante dans notre pays. En lançant au nom du Premier Ministre le Programme d’évaluation de la conformité avant embarquement des marchandises importées en République du Cameroun en août 2016, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT), avait tiré la sonnette d’alarme. « Le Cameroun ne saurait être le dépotoir des produits importés de mauvaise qualité », déclarait Ernest Gbwaboubou.

Une façon aussi pour le ministre, de dénoncer la présence en quantités importantes dans le triangle national, des produits cosmétiques de mauvaise qualité fabriqués ailleurs. Les fabricants locaux ne sont pas non plus exempts de tout reproche.  Des crèmes, lotions, gels, huiles pour la peau, savons de toilette, déodorants, parfums etc. fabriqués au Cameroun sont également nocifs pour la santé. Ils peuvent notamment provoquer les maladies endocriniennes ou encore le décapage devenu un phénomène de masse en Afrique.

Halte !

C’est pour mettre un terme à cette situation que le LANACOME a lancé la formation sus évoquée qui a réuni au départ, une trentaine de spécialistes de la pharmacie, de la chimie, la biochimie et la microbiologie. Après une première phase d’évaluation, une dizaine d’entre eux ont été sélectionnés pour poursuivre la seconde phase formation qui se déroule depuis le 5 juin 2017 à Yaoundé, avec des experts camerounais et étrangers de référénce.

Parmi eux, Manon Aminatou, expert en toxicologie à Visa Tox (société d’expertise toxicologique et règlementaire qui évalue la sécurité des produits cosmétiques) ; Didier Mouliom d’HelioScience (organisme d’évaluation de la qualité, de l’innocuité et de l’efficacité des produits de protection solaire) ou encore le conseiller en développement des produits cosmétiques Laurent Bousquet d’Adepro (organisme de formation).

« Nous voulons mettre sur pied un groupe de personnes formées pour pouvoir aider le LANACOME à mettre en place cette capacité de contrôle et d’évaluation des cosmétiques. Ce sont ces personnes qui seront les formateurs les acteurs du terrain des ministères de la Santé, du Commerce et des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique », explique le directeur général du LANACOME. Dr Rose Abondo Ngono Mballa que « ces personnes formées vont aussi former les experts analystes de ces différents industries et même la acteurs de la fabrication des cosmétiques au Cameroun ».

Le Cameroun veut en effet se doter d’une réglementation proche de la norme européenne canadienne et américaine. Ce qui ferait pratiquement du pays de Paul Biya, l’un des pionniers en la matière en Afrique. « Nous travaillons sur des propositions de textes de lois pour la mise en place d’un règlement cosmétique au Cameroun », indique Manon Aminatou. Pour sa part, Laurent Bousquet est agréablement surpris. « Il y a un enthousiasme au Cameroun qui est particulier avec un volonté qu’on ne trouve pas dans beaucoup d’autres pays africains. Car, outre le LANACOME, l’ANOR et des industries sont impliquées », se réjouit-il.

A la fin de cette réflexion, souligne Didier Mouliom, « le Cameroun sera protégé contre ceux qui pensent qu’on peut fabriquer des cosmétiques n’importe où dans le monde et venir les vendre ici sans contrôle».

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