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Ama Tutu Muna et Lady Ponce chantent désormais la même chanson

Ama Tutu Muna et Lady Ponce chantent désormais la même chanson

On savait leurs rapports tumultueux depuis déjà trois ans, suite à une mésentente survenue lors des cinquantenaires sous l’égide de la ministre des arts et de la culture. En début de semaine, les deux femmes ont décidé d’enterrer leur différend.

2014 sera une année qui marquera la culture camerounaise, tout du moins, le ministère qui la représente, et particulièrement, les rapports entre ses différents acteurs, au regard de cette dernière semaine du mois de janvier, qui certainement aura été la plus riche en termes de rebondissements spectaculaires notamment sur la question du droit d’auteur.

Les décisions prises par la ministre Ama Tutu Muna relativement à la mise sur pied des comités en charge -d’une part, du redressement de l’organisme de gestion collective du droit d’auteur de la catégorie B, et d’autre part, de normalisation de la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur au Cameroun-, se sont vues concrétiser avec l’installation officielle de leurs responsables respectifs. Une cérémonie qui aura réuni une bonne palette d’artistes venus des quatre coins du pays.

Mais le cabinet dudit ministère aura aussi abrité deux autres rencontres et pas des moins importantes, privées certes, mais qui revêtaient une certaine singularité.

 

 

En effet, Mme la ministre des arts et de la culture recevait mercredi 29 janvier dernier, le président de la Cameroon Music Corporation (Cmc), Sam Mbede, récemment porté à la tête de l’Alliance Panafricaine des Auteurs et Compositeurs de la Chanson (PACSA), qui finalement répondait favorablement à l’invitation de cette dernière. Il était alors question de faire table rase du passé et de regarder désormais, ensemble, vers l’avenir. Ce technicien du droit d’auteur se félicitera des pourparlers et débats constructifs qui auront meublé le tête-à-tête. L’homme ne nous en dira pas plus, mais précisera qu’il ne s’agissait nullement d’une éventuelle fusion Cmc-Socam, juste un échange sur l’environnement culturel du Cameroun, notamment la gestion des droits d’auteurs.

Ama Tutu Muna featuring Lady Ponce

Une première rencontre s’était déjà tenue la veille dans les mêmes locaux. Elle aura réuni autour de la table la ministre, Roger du Groupe X-maleya et la reine du Bikutsi Lady Ponce. De sources sûres, nous apprendrons que Roger aura pesé de tout son poids pour que la rencontre se tienne. Les deux femmes n’avaient plus échangé depuis des lustres. Une situation qui n’enchantait guère Roger, bon ami de la Ponceuse, et très apprécié par madame la ministre. Forcément, il s’est senti le devoir de rétablir un climat de paix entre les deux: « Tout cela ne menait à rien; que profite la culture camerounaise si elles ne s’entendent pas? Au contraire, elle en a plus à perdre. Nous nous devons de nous serrer les coudes et de construire tous ensemble. Une guerre entre artistes et Minac ne saurait être que de mauvais ton« , nous révèlera-t-il.

Les faits remontent à 2011 lorsque se sentant humiliée par certains collaborateurs de madame la ministre, l’artiste Lady Ponce décide de sortir de ses gonds, dénonçant (non sans indexer la ministre) la cacophonie qui règne dans ce ministère. L’auteure du « Ventre et le bas-ventre » se plaignait surtout de n’avoir perçu son cachet à la suite de sa prestation lors de cinquantenaire sous l’égide de la Minac. Approchée à l’époque, elle expliquera qu’on lui aurait plutôt demandé de formuler une requête sur laquelle elle justifierait la valeur de son cachet. Une pilule dure à avaler pour dame Adèle Rufine Ngono. Sa suspension à la Socam pour propos diffamatoire à l’encontre du Minac sera la goutte d’eau de plus. La native d’Akono ne se retiendra plus, et les médias s’adonneront à cœur joie…

Mais de l’eau a coulé sous le pont. La rencontre du Mardi 28 janvier dernier aura permis aux deux femmes de s’expliquer enfin, et l’artiste y fera preuve d’une étonnante maturité en reconnaissant ses torts.

Madame la ministre quant à elle se veut plus vigilante: « Mes collaborateurs parfois agissent en mon nom et en profitent pour poser des actes qui par la suite me sont entièrement reprochés; et certaines personnes qui ne me côtoient pas disent des choses sur moi qui très souvent ne sont pas fondées« , expliquera Ama Tutu Muna à ses invités.

C’est sur un climat jovial et convivial que les trois se quitteront, non sans réitérer leurs amitiés respectives: « J’avoue que je l’ai vite jugé; madame la ministre n’est pas ce que pensent certains. C’est vrai qu’elle a eu à me soutenir bien des fois; notre entourage nous joue parfois des tours« , reconnaitra alors Lady Ponce.