Akinzumi Adesina :Le nouveau Badman

Élu le 28 mai dernier à la présidence de la BAD, le Nigérian a été installé dans ses nouvelles fonctions mardi dernier à Abidjan.

L’ancien ministre  nigérian de l’Agriculture  et du Développement rural, Akinwimi  Adesina,  vient d’ajouter la corde la plus importante et sans doute la plus solide à son arc politique, en accédant à la tête de l’une des plus importantes institutions à l’échelle continentale : la Banque africaine de développement (BAD). C’est le 28 mai dernier qu’il avait été élu  à ce poste par les gouverneurs de cette institution financière, qui investit plus de 6 milliards d’euros chaque année dans les projets de développements à travers l’Afrique. Economiste  du développement  de  renom, celui qui a prêté serment le 1er septembre dernier à Abidjan (Côte d’Ivoire), a une expérience approfondie du continent, car, ayant vécu et travaillé dans 15 pays d’Afrique,  en particulier en Afrique francophone  pendant dix ans. Cette connaissance profonde du continent lui a permis de forger sa réputation et a fait de lui le candidat panafricain idéal.

Soutenu par le Cameroun,  certainement à cause des relations de coopération et d’échange qui lient le Nigeria et le Cameroun, le quinquagénaire  ne faisait pourtant pas le poids, au départ,   avec Bedoumra Kordjé, candidat tchadien en lice,  soutenu  par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Ayant travaillé dans les secteurs aussi diversifiés que le développement financier, l’agriculture, le monde rural, l’amélioration de la croissance économique, les politiques publiques stratégiques, la recherche, la mobilisation d’investissements, de ressources et de développement de partenariats entre secteurs public et privé, le docteur Akinwimi Adesina a une connaissance rare et précieuse des politiques  de développement, renforcée par l’exécution d’idées innovatrices et audacieuses qui ont positivement transformé les vies des millions de personnes à travers l’Afrique. C’est d’ailleurs pourquoi, le  diplômé de l’université  d’Ife, au Nigeria où il a obtenu son diplôme d’économie agricole, en 1981, puis à l’université  de Purdue au Etats-Unis, où il décrocha un doctorat en économie agricole en 1988, entend au cours de son mandat, résoudre le déficit énergétique en Afrique. Et aussi, développer le secteur de l’agriculture dans ce continent car, d’après lui, ce secteur ne bénéficie pas suffisamment d’investissements visant à le développer et à accroitre sa production. Ce dernier ne compte pas s’arrêter là car, en plus de cela, il entend aussi mettre fin au désordre qui règne à l’intérieur du système agricole africain, comme cela avait été le cas au Nigeria il y a quelques années.

Le 8e président de la BAD, qui remplace le Ghanéen Donald Kaberuna après deux mandats à la tête de cette institution, entend aussi utiliser certaines politiques pouvant inciter les investisseurs dans le secteur agricole, tout comme il l’a fait au Nigeria. Car, sous son magistère au ministère de l’Agriculture, la production alimentaire du Nigeria s’était étendue à 21 millions de tonnes métriques, dépassant les 20 millions de tonnes métriques qu’il avait ciblées au début de son mandat en tant que ministre. Akinwimi Adesina a supervisé 7500 employés  au sein du ministère de l’Agriculture du Nigeria.