Air Vol, un roman aérien en Afrique centrale

Air Vol, premier roman du jeune auteur belge Geoffroy Fierens, retrace l’aventure d’un jeune garçon passionné d’aviation dans un décor imaginaire d’Afrique centrale.

Afrique centrale, 1955. Une séance d’essai de l’aviation coloniale tourne au drame. Un pilote meurt dans un accident. Son jeune fils Paul, traumatisé, s’invente un monde et sublime le métier de son défunt père. Il entraîne ses amis avec lui dans cette nouvelle vie fantasmée faite de folles aventures et de déboires. Leur rêve éveillé se mêle en permanence à la réalité. Leurs parents finissent par se prendre au jeu. “Les deux petits entrepreneurs s’étaient donné beaucoup de mal afin de distribuer dans les boîtes aux lettres du quartier des publicités vantant les mérites de leur société. (…) Le jour venu, une bonne vingtaine de personnes répondirent présentes à l’invitation d’Air Vol. (…) Les deux commandants étaient pimpants dans leurs uniformes flambant neufs, il ne manquait pas un bouton de guêtre. Le bleu marine finalement choisi par les deux mères leur allait à merveille et les insignes brodés sur leur poitrine leur donnaient fière allure.”

Les années passent, l’instabilité politique et la guerre bouleverse la vie de ces gamins insouciants. Leurs rêves s’effondrent et se dissolvent dans le drame d’un conflit armé. “La guerre éclata sans qu’aucun des enfants ne la voie arriver. Ils ne comprenaient rien aux circonstances géopolitiques et aux raisons qui poussaient les adultes à provoquer ce type d’événements. (…) Albert [l’ami de Paul, ndlr.] scrutait l’horizon et regardait se coucher sur cette terre le soleil rougeoyant qui, en même temps qu’il disparaissait du paysage, tournait définitivement la page d’une ère à tout jamais révolue.”

Après un retour forcé en métropole, il est temps pour Paul de se choisir un métier. Dans un contexte familial chaotique un énième drame le propulse. “Paul était libre et s’ouvrait à lui, s’il le voulait, une belle carrière de pilote. Sa mère ne l’empêcherait plus d’exercer ce métier dont il avait toujours rêvé.” Dans le centre de formation pour pilotes où il s’inscrit il affronte les brimades de ses camarades et l’isolement. Les rêves de son enfance lui donnent la force de persévérer. “Au bout de quelques minutes, en respirant plus lentement, il parvint à se maîtriser. Il fixa le plafond et (…) vit s’en détacher l’image de la piste d’aviation, (…) celle sur laquelle s’était construit le rêve de son enfance, celle sur laquelle Air Vol était né et dont il savait à présent que la simple évocation mentale (…) lui donnerait suffisamment de force pour passer outre les obstacles, si durs soient-ils.”

Les miles défilent. Les premières rides se dessinent. Lui court les aéroports de la planète et vit de sa passion pour les airs quand son passé le rattrape. Une femme. Elle sera désormais sa femme.

Arrivé à l’âge de la retraite, les jeux innocents de son enfance resurgissent dans son présent et le rappellent dans le pays d’où lui et sa famille avaient dû fuir il y a si longtemps. “Leur utopie d’enfant avait été préservée. Quel miracle que leur cachette n’ait pas disparu avec toutes ces choses admirables dont l’Afrique s’était débarrassée dans les sombres années de guerre et les époques dictatoriales qui s’en étaient suivies !” A l’aube du XXIe siècle, un projet fou, dont il est l’instigateur à son insu, voit le jour. On l’invite à en reconnaître la paternité dans ce pays qui n’a plus rien à voir avec celui de son enfance. Ce développement économique tant attendu est désormais réalité. “Les bâtisseurs de tous les coins du globe avaient jeté leur dévolu sur cette terre où tous les rêves d’innovations étaient permis. (…) Ce coin du monde, après être longtemps resté dans l’oubli, représentait désormais une vitrine de modernité. (…) L’Afrique prouvait ici sa capacité à allier expansion et écologie.”

 

Geoffroy Fierens, passionné d’art et d’histoire né à Bruxelles en 1984, signe avec Air Vol son premier roman, paru en 2014. A l’occasion de la foire du livre de Bruxelles 2015, il confiait à un confrère du journal Lavenir.net s’être “principalement inspiré d’histoires que (son) père, né en Afrique, (lui) racontait quand (il était) petit.” Une partie de sa famille ayant vécu en Afrique, il dit s’être toujours intéressé à ce continent, “à son histoire, mais aussi à son développement à l’heure actuelle.”