Afrique – Justice: Il y aura un second procès Hissène Habré, selon Radio France Internationale

Les avocats de l’ancien Président tchadien Hissène Habré ont fait appel vendredi 10 juin du verdict énoncé le 30 mai dernier.

Dès l’annonce de la condamnation à la prison à perpétuité pour Hissène Habré, le 30 mai 2016, les trois avocats commis d’office qui défendent l’ex-président du Tchad avaient critiqué cette sentence, la jugeant trop sévère, et indiqué «qu’un appel serait sans doute interjeté». Ce qui a été fait.

Selon Radio France Internationale (RFI), les avocats commis d’office de l’ancien Président tchadien Hissène Habré «sont passés à l’acte, ils ont effectivement déposé leur dossier auprès du greffe central». Une confirmation de Marcel Mendy, porte-parole des Chambres africaines extraordinaires.

À en croire RFI, cette nouvelle procédure est donc lancée. Une nouvelle cour d’appel doit être mise en place sans doute en septembre. Des juges ont candidaté ces dernières semaines pour la présider, des juges africains qui ne peuvent pas être Tchadiens ou Sénégalais.

Cette cour d’appel aura ensuite – c’est indiqué dans les statuts des Chambres africaines extraordinaires – sept mois pour juger à nouveau Hissène Habré. Mais, à l’image d’une procédure en cassation, elle ne va pas statuer sur les faits, mais uniquement sur le droit, vérifier en quelque sorte que le droit a été bien rendu, que le processus juridique a été respecté. Cette Chambre d’appel et le verdict qu’elle rendra mettront en tout cas fin à la procédure entre le parquet et Hissène Habré. C’est en effet le seul et dernier recours possible, apprend-on.

En rappel, Hissène Habré a été condamné le 30 mai dernier à la prison à vie pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre, tortures et viol. Les Chambres africaines extraordinaires lui reconnaissaient alors la responsabilité de Hissène Habré, Président du Tchad de 1982 à 1990, dans ce système qui s’en est pris d’abord aux opposants ou ceux soupçonnés de l’être, puis à plusieurs communautés du sud du pays, accusées de façon indiscriminée de soutenir des rébellions contre son régime.