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Affaire Minesec: Le procès ouvert sans le ministre Bapès Bapès

Affaire Minesec: Le procès ouvert sans le ministre Bapès Bapès

L’audience du mercredi 6 août 2014 au Tribunal criminel spécial, a vu l’identification des accusés par la collégialité. Précédemment annoncé dans la presse comme appelé à la barre, l’actuel ministre des Enseignements secondaires (Minesec) était absent du box des accusés. Le ministre Louis Bapès Bapès ne fait pas partie des 26 mis en cause dans l’affaire opposant ces deniers à l’Etat du Cameroun, pour des accusations de « détournement de deniers public en coaction et complicité ». Cette absence ne semble pas surprendre l’assistance de la salle I du Tribunal criminel spécial (Tcs), car murmure-t-on, l’affaire a connu soit, une « disjonction » à l’instruction, soit celle concernant ce ministre en fonction est tout une autre encore en instruction. Le juge d’instruction, Annie Noëlle Bahounoui, a en effet décidé de traiter séparément le dossier de détournement de deniers publics constaté au Minesec entre 2005 et 2006. Louis Bapès Bapès, le ministre en charge de ce département qui est fréquemment cité, voit son dossier encore examiné par les enquêteurs du Tcs. Il n’a d’ailleurs pas été appelé à la barre avec les 26 autres accusés. En fait de 26 accusés, ils étaient 21 à s’être présentés devant le juge. C’est dire s’il y’avait du monde dans le box des accusés. L’audience a essentiellement tourné autour de l’identification des prévenus. En tête de ces derniers, feue Catherine Abena Eyenga, ancienne secrétaire d’Etat aux Enseignement secondaires, décédée en mars dernier. A la suite, un important contingent d’agents du ministère des Enseignements secondaires (professeurs de lycées pour la plupart) ; des hauts cadres de cette administration (le secrétaire général du ministère des l’Education de base, un ancien secrétaire particulier, un ancien secrétaire général du Minesec, des délègues régionaux, etc.) ; des opérateurs économiques, un agent du courrier et même une… « ménagère ». Pour les quatre autres coaccusés, absents de la première audience, le tribunal a délivré des mandats d’amener. Allocation des primes Les charges n’ont pas encore été signifiées. Mais, des informations font état de ce qu’il est reproché à ce beau monde d’avoir puisé illégalement dans le budget alloué à ce département ministériel au cours des exercices 2005 et 2006. En plus d’importantes sommes d’argent distrait (un des accusés est poursuivi pour détournements de 316 millions Fcfa) sur le budget, la Justice s’intéressent également à l’allocation des primes pour le moins exorbitantes pour de simples sessions de travail. Primes, empochées au détriment des projets à réaliser. C’est en 2006 que les inspecteurs du Contrôle supérieur de l’Etat s’intéressent aux comptes du Minesec. Ils y découvrent une gestion calamiteuse qui implique une importante chaîne allant du ministre himself aux prestataires de services en passant par les secrétaires généraux, et une brochette de directeurs. Le dossier est d’abord instruit par le Tribunal de grande instance (Tgi) du Mfoundi par le juge Fils Ntamack dès 2008. L’année suivante, des poursuites sont engagées. Quatre personnes, Catherine Abena, secrétaire d’Etat ; Madame Eboutou, contrôleur financier ; Rouly Mbila, directeur des examens et concours et de la certification ; et Nicodème Akoa Akoa, inspecteur des services sont emprisonnés à Kondengui. Le Tcs prend ensuite le relais du Tgi en 2013, pour que l’affaire débouche en avril dernier sur l’arrestation, puis libération spectaculaire de Louis Bapès Bapès, sur, souffle-t-on encore, instruction du président de la République. Alors que les audiences du premier volet de cette affaire viennent de s’ouvrir, beaucoup d’observateurs se demandent combien de temps encore avant que le ministre Bapès ne se présente à la barre, et surtout dans quelles conditions ? Pour l’heure, les débats on été renvoyés le 25 août pour tout d’abord constater le décès de Catherine Abena et l’exécution des mandats d’amener, mais aussi commettre d’office des avocats à ceux des accusés qui ont déclaré ne pas en avoir, le dossier relevant des affaires criminelles. Affaire à suivre. 

 

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