camernews-woungly-massaga

Actualités politique : La Nouvelle strategie de L’U.P.C

(Expliquée aux Responsables, cadres, militants et sympathisants du parti, et à l’opinion nationale et internationale par Monsieur Ngouo Woungly-Massaga, Cdt Kissamba).En pleine effervescence positive pour la relance de la mobilisation des patriotes et pour le rassemblement des upcistes, il n’y a pas lieu de s’engager dans des polémiques dérisoires. Il faut d’ailleurs dire que la rudesse des échanges entre compatriotes notament sur la toile est telle que nous préférons depuis longtemps ne pas y prendre part. Pourtant, nous aurions bien voulu entretenir des échanges avec de jeunes compatriotes camerounais et africains, et nous servir du merveilleux instrument qu’est internet comme une grande enceinte ou un grand amphi de formation des cadres. Mais il faut avouer qu’à notre âge, après avoir traversé toutes les épreuves qui ont été les nôtres et qui le sont encore, s’entendre traiter de « salaud » par de petites gens manipulées, face au monde entier, des gens qui n’ont le plus souvent pas le niveau et la carrure de ses propres enfants et petits enfants, a parfois quelque chose d’insupportable. Mais on se dit pourtant que nos insulteurs ne sont eux-mêmes que de malheureuses victimes d’une « formation révolutionnaire » au rabais, où des maîtres malhonnêtes ne leur ont enseigné que trivialité et mensonges.

Mais, l’heure étant grave aujourd’hui, et ne souhaitant pas que quelques jeunes s’abstiennent de s’engager dans l’UPC et dans la mobilisation pour le changement démocratique au Cameroun par crainte de soi-disant mystères des aspects internes et diplomatiques de la crise de l’UPC, je voudrais les rassurer qu’il n’y a ni mystères, ni secrets : et leur dire qu’il y a certes crise, mais que celle-ci sera surmontée par la lutte dans la lutte, avec eux.

PREMIERE PARTIE : CLARIFICATIONS HISTORIQUES

1) Quelques lacunes :

Il y a quelques petites lacunes dans la maîtrise de la crise du parti par quelqu’un qui n’a pas pris part à la formation des cadres de l’UPC et du MANIDEM, ni aux congrès clandestins de 1982 et 1984. En ces années-là, le Dr Yagnyè par exemple, terminait ses études en URSS (éclatée cinq ans plus tard avec l’effondrement du Mur de Berlin). Lorsque le jeune médecin arriva à Luanda et que nous l’accueillîmes au Palais du Beco de Belao, nous ignorions évidemment qu’il devait, comme il le révèle, œuvrer clandestinement avec le groupe qui travaillait secrètement pour le renversement du Secrétaire Général de l’UPC alors unie et unique. Une double ou triple clandestinité en somme ! Le camarade Dr Yagnyè a précisé qu’il avait le feu vert de Lev KIM. Or Ce dernier était le spécialiste, depuis l’époque coloniale, des questions de l’UPC auprès du Comité Central du Parti Communiste de l’URSS : son visa signifiait pratiquement une mission de l’Etat soviétique. Si le Camarade Yagnye ne savait pas ce qui me valait cette hostilité de l’URSS, je l’ai plus d’une fois révélé dans mes documents : j’avais catégoriquement refusé de signer comme ma propre production, un livre écrit à Moscou, et avait signifié au représentant local des services spéciaux soviétiques à Accra que l’UPC ne prendrait pas partie dans le conflit idéologique sino-soviétique. Cette neutralité fut respectée bien que des camarades minoritaires qui eux, avaient choisi de se poser en « prochinois » nous aient qualifié de « prosoviétiques et ennemis de la lutte armée » (sic).

Je savais parfaitement, que ce n’était pas les camarades Moukoko et Mack-Kit qui déclenchèrent les désordres de 1990, mais le camarade Kuissu (aujourd’hui collaborateur de Chief Milla Assoute), le Professeur Samuel Oyono (actuellement collaborateur du Directeur du Cabinet Civil de la Présidence) et Abbo a Bayeck, aujourd’hui dans la nature en banlieue parisienne. Ce qui fut reproché à Moukoko et Mack-Kit qui avaient toute la confiance de Kissamba (la promotion prioritaire du camarade Kuissu ayant été une question importante de stratégie géopolitique après l’assassinat de Ouandié sur la place publique à Bafoussam), ce qui leur fut reproché, ce fut d’avoir malignement laissé faire le trio de Kuissu pour lui régler son compte par la suite. Quant à l‘obsession de « diriger aussi » il suffit de s’en référer aux documents de l’Ecole des Cadres pour constater qu’elle ne fut pas une ambition cachée : chacun peut croire qu’il a « un dessein national » s’il ne cherche pas à le réaliser par un jeu de massacre politique parmi ses compagnons. Par la suite, l’Histoire du parti a confirmé que les camarades dirigeants des « fidèles » furent beaucoup plus accrochés au pouvoir (après vingt ans) que Kissamba après huit ans seulement, mais avec un tout autre bilan que le leur. Ce n’est pas un problème d’attaques personnelles de rappeler que la ligne politique des « fidèles » est erronée : il n’y a pas un malin plaisir à constater l’hémorragie militante continue, la fuite des cerveaux et l’immobilisme qui frappent ce groupe. Nous sommes allés vers ces camarades chaque fois qu’il se posait un problème de dialogue et les avons ouvertement soutenus quand il y avait un problème de répression. Ce sont eux qui se sont toujours enfermés dans un incompréhensible complexe de supériorité ou d’infériorité nul ne sait… Qu’on ne nous présente donc pas quasiment en bourreau d’enfants.

2.-Il faut sortir de la mesquinerie et de l’hypocrisie généralisées :

« Jusqu’à ce jour, Woungly-Massaga n’a jamais dit pourquoi il avait démissionné de l’UPC »… Cette formule, habile mais fausse, laissait la porte ouverte à toutes les spéculations, y compris les plus malsaines, sans aucun souci de dignité patriotique, du genre : il a emporté la caisse, c’est un salaud, il vivait dans la débauche en Angola,… Et sachant que son épouse française et leurs quatre enfants étaient à Cuba, aux bons soins du Parti Communiste Cubain, celle-ci étant devenue la Directrice de l’édition française du journal « Granma », on avait créé un climat de discrédit pour rendre impossible tout contact de Kissamba avec sa petite famille.

De retour d’exil, en Décembre 1990, Kissamba dut faire front à la quarantaine économique. Il fut d’abord Logé pendant quelques mois à l’Hôtel des Députés à Yaoundé, en voie de réfection, où l’on mettait en observation tous les exilés récupérés et où vécurent pendant cinq ans quatre-vingt réfugiés de l’opposition équato-guinéenne. De petites épreuves furent distillées : un mois sans électricité, et sans gardien dans l’Hôtel, après le retrait des deux officiers de police qui occupaient la suite en face de la sienne et celle de la droite … mais j’avais une compagne solide. Le gouvernement qui m’avait logé refusait de payer les frais d’Hôtel et de restauration…Informez-vous auprès de l’ex-Directeur de cet Hotel, M. Tchoumba… mais le parti au pouvoir menait campagne dehors, avec mes anciens collaborateurs dont mon « ralliement à Biya » avait ouvert la route du retour, sur la luxueuse prise en charge dont j’étais l’objet. Agacé par ce jeu du régime, je quittai l’Hôtel des Députés de ma propre décision, pour le quartier.

A l’Hôtel des Députés, mes anciens collaborateurs de la clandestinité avaient envoyé une délégation, hélas les deux camarades qu’ils chargèrent de me contacter étaient, depuis Brazzaville, sous le contrôle de M. Martin Belinga Eboutou, à l’époque chargé

d’Affaires du Cameroun au Congo…Et, pour l’essentiel, ils m’invitaient à rallier les Dika et Kodock que je savais n’avoir jamais été de vrais upécistes de combat. Bon, on pouvait toujours s’entendre sur un plan : ce qui me déçut donc, ce fut que les camarades Moukoko et Mack-it, ne se fussent pas présentés eux-mêmes, franchement au lieu de passer par ces manœuvres politiciennes qui signfiaient pour moi qu’ils ne recherchaient pas un contact sérieux.

Le retour d’exil me fit découvrir avec une profonde tristesse un régime de menteurs et de fourbes que je ne pouvais comparer à aucun des régimes directement ou indirectement connus à l’étanger. La vanité de mes compatriotes (mal) éduqués à se croire « supérieurs » à leurs voisins, voire à tous les autres Africains me stupéfiait au constat de leur passivité, de leur lâcheté dans des situations où, ailleurs, les populations et la jeunesse auraient réagi au quart de tour.

Bref, aucune institution publique ou privée ne pouvait manifester la moindre ouverture vis-à-vis de Kissamba : « il ne faut surtout pas qu’il ait des moyens, il est trop dangereux ». Lorsque j’ai demandé au Camarade Kingué Etouké de m’expliquer comment il pouvait se faire que mes propres compagnons de lutte ont soutenu pendant des années un camarade qui avait passé des décennies à Londres comme gardien de parc, pendant que je bourlinguais sous tous les cieux, comment il se faisait qu’il ne me soit réservé que campagnes de discrédit, il me répondit : « oh, tu sais, il y avait derrière ce soutien un lobby tribal animé par le camarade David Kom »…

La pratique révolutionnaire des uns et des autres aura quand même apporté quelques lumières, mais il y a derrière la thèse selon laquelle le tout dernier survivant des leaders de la lutte de notre peuple pour la Réunification et l’Indépendance n’est pas upéciste ou devrait se réconcilier avec l’UPC, on ne sait laquelle, quelques paradoxes à lever. Certes le temps où les upécistes proclamaient qu’ils font ce qu’ils disent et disent ce qu’ils font paraît révolu. Mais il reste évident qu’on ne peut rien bâtir de sérieux si on ne sort pas de la mesquinerie, de l’hypocrisie généralisée, de la pratique constante de la duplicité.

3.- Upécisme et contentieux historique :

La tradition upéciste veut que l’on n’effraie pas les militants avec des mots savants pour rien. Si l’on définit donc l’upécisme comme l’ensemble des valeurs de notre combat, la première d’entre elles, la valeur centrale de l’Upécisme, c’est le patriotisme. Selon les fondateurs de notre parti, ce patriotisme doit se manifester dans la pratique militante avec les mots d’ordre de fermeté, vigilance, honnêteté et fraternité. Ces mots d’ordre, comme nous le savons, sont galvaudés aujourd’hui par ceux-là mêmes qui se mettent au service du parti néocolonial, pour mieux se camoufler et mieux tromper les militants. Mais ils n’en restent pas moins des orientations fortes pour tous les upécistes.

D’aucuns ont prétendu qu’en démissionnant le 3 Octobre 1990 de toutes mes fonctions de responsabilités dans l’UPC, j’avais rompu avec le Parti et n’avais plus le droit d’en parler. Voyons les choses de plus près.

D’abord, je n’avais pas démissionné de l’UPC, mais de toutes mes fonctions dirigeantes dans l’UPC pour laisser le champ libre à ceux qui, dans nos rangs piaffaient d’impatience pour « diriger eux aussi ». Et de un.

Et de deux, en créant le PSP/UPC, je voulais marquer la continuité de mon attachement au Combat upéciste : d’autant plus que les sigles PSP (Parti de la Solidarité du Peuple) et UPC (Union des Populations du Cameroun) sont, au plan sémantique, c’est-à-dire du sens ou de la signification, des équivalences, formant ce qu’on appelle une répétition, une tautologie.

Non ! il faut enlever UPC déclara le père Andze Tsoungui qui engagea à ce sujet un véritable bras de fer avec le Premier Ministre Sadou Hayatou. Pas question, déclarèrent les » vrais upécistes » : l’UPC ne doit s’accompagner d’aucun autre terme. De guerre lasse, le PSP fut légalisé sans le second terme UPC avec l’autorisation verbale d’utiliser dans la pratique le sigle complet… Mais le même Andzé Tsoungui n’hésita pas à créer par la suite les UPC (K), UPC (N) et mes camarades défenseurs du sigle utilisèrent l’UPC/Manidem….

Enfin, cette démission était assortie d’une précision où nous nous déclarions en réserve de la République, selon l’expression connue, ou « en réserve de parti » en donnant rendez-vous à tous à l’avenir.

Avons-nous été en réserve de parti ? Oui : dès 1994 le PSP fut réintégré dans l’UPC officielle, et après le ralliement de 11 Députés sur les 17 du groupe de l’UPC à l’Assemblée, Kissamba se lança dans la préparation du Congres de Septembre 1996.

Et aujourd’hui, nous considérons le lancement de la campagne de mobilisation en 2013-2014 comme l’expression de cette volonté de rester un recours pour l’UPC. Cela contrarie-t-il ceux qui misaient sur la mort de l’UPC ? Peut-être…

S’agissant du contentieux historique, il me semble que c’est l’absence de publication commune et d’échange d’informations qui donnent l’impression que les différents groupes de l’UPC se sont coupé de la lutte contre la mauvaise « réunification » et contre une indépendance hypothéquée. Nous avons maintes fois traité de ces questions. En ce qui concerne la question anglophone, il m’a été demandé dans un questionnaire pour un mémoire de maîtrise en Histoire d’en parler de manière exhaustive. Comme nous l’avons dit par ailleurs, la question du contentieux historique n’est pas une question de débat mais de combat… Elle est et a toujours été au centre de nos luttes.

4.- Blocages apparents :

a) « il est difficile que l’UPC des fidèles s’entende avec L’U.P.C de l’Administration ».

b) « La redéfinition et le repositionnement dont parle le Cdt Kissamba ne seront

possibles dans un Congrès qu’avec le changement du rapport des forces ».

c) « la réconciliation du Cde Massaga avec l’UPC est toujours et encore nécessaire »

d) « une réconciliation upéciste interne est indispensable ».

Ces quatre réflexions du camarade Dr Daniel Yagnyè mettent certes en évidence les difficultés da la tâche d’unifier l’UPC. Mais s’agit-il de blocages réels ?

a) A notre sens l’unification de l’UPC ne saurait résulter des contacts des deux groupes cités dont les responsables restent accrochés à leurs positions politiques sectaires et dont les rencontres ne visent qu’à donner le change. Cela ne signifie pas qu’une autre stratégie n’est pas concevable. Nous exposerons celle que nous proposons dans la 2ème partie de ce texte.

b) Quand on parle du rapport des forces, il ne faut pas l’évoquer comme on évoque un phénomène météorologique : c’est à nous qu’il appartient précisément de faire bouger le rapport des forces et de le changer. Et cela n’est possible qu’avec une ligne de conduite offensive, créative, et non pas en nous enfermant chacun dans sa chapelle.

c) En 1996, le grand Congrès unitaire des 13,14,15 Septembre avait vu la participation de la plupart des tendances de l’UPC, y compris les camarades venus de l’UPC/Manidem (aujourd’hui les « fidèles » ) et du PSP/UPC…

Ndeh Ntumazah fut élu, à cette occasion, Président de l’UPC et Michel NDOH Secrétaire Général, sur proposition des « fidèles ». Kissamba ne chercha à briguer ni la Présidence ni le Secrétariat Général de l’UPC parceque tous ses camarades n’obéissaient plus qu’aux tropismes des grandes tribus : il fut élu Secrétaire National aux Affaires politiques, avec le plus fort taux de votes des sections de l’UPC de tout ce Congrès, et l’appui massif des « fidèles ». Avec quelle UPC et comment le Cdt Kissamba doit-il toujours et encore se réconcilier aujourd’hui ? Faut-il considérer que malgré ce Congrès Unitaire commun, de plus de dix-millle délégués upécistes venus de tout le pays, il faut toujours et encore tout ramener à la crise de 1990 et continuer à considérer le commandant Kissamba comme étranger à l’UPC, comme pour nier le fait incontournable qu’il est le tout dernier survivant des leaders de lutte pour la réunification et l’indépendance de notre pays au service de l’UPC depuis 1955 sans avoir jamais servi aucune puissance étrangère ?

d) Dans les conditions actuelles, nous pensons que les propositions de réconciliation doivent se faire dans la clarté, avec suggestion de procédure. Peut-être faudrait-il rappeler à ce sujet la position de principe du Cdt Kissamba :

« Lorsque des camarades, quels qu’ils soient manifestent clairement leur volonté de coopération et d’unité patriotique, nous ne leur posons aucune condition, aucun préalable, nous leur tendons la main »

C’est une ligne historique de notre parti. On en trouve la manifestation la plus claire chez les fondateurs de l’UPC lorsqu’ils accueillirent à Conakry (Guinée) l’ex-Premier ministre de « l’Etat sous Tutelle » du Cameroun, André Marie Mbida, renversé par les colons français pour indiscipline, pour installer au pouvoir Ahmadou AHIDJO, plus docile.

Notre volonté d’unité est sans réserve, le Camarade Kingue Etouke, un responsable des « fidèles » et le chargé de permanence de leurs anciens bureaux à Douala, peuvent témoigner que nous avons voulu rencontrer leurs dirigeants et que ceux-ci ont fui le contact…

Nous assurons du reste tous les camarades qui nous attaqué dans toutes sortes d’écrits, de livres, de journaux, et sur internet, que nous ne tiendrons aucun compte de ces attaques. La seule chose qui importe pour nous c’est notre unité dans la lutte contre le régime néocolonial et pour le salut de notre peuple.

C’est dans cet esprit que nous saluons la prise de position franche et constructive du Professeur Franklin NYAMSI, agrégé de philosophie. Elle nous permet de travailler ensemble, d’aller de l’avant sans nous éterniser dans des récriminations, des procès et des contentieux internes qui ne nous mèneront à rien. Ce genre de prise de position franche, sans complexe, stimule la prise de conscience et la mobilisation des patriotes. Nous considérons que la pratique militante commune permet de résoudre ensemble les incompréhensions.

camernews-woungly-massaga

camernews-woungly-massaga