Acidification des océans: des tests effectués au Cameroun

L’université de Douala, à travers l’Ish, réalise des prélèvements ce 8 juin à Kribi dans le cadre d’un projet international

 

Si sur la terre ferme beaucoup redoutent la désertification, la menace dans les océans et les mers a pour nom l’acidification. Menace identifiée depuis quelques années par les Nations unies, qui ont décidé d’une Journée mondiale des Océans, célébrée chaque 8 juin. Ce jeudi donc, à l’occasion de la 9e édition dont le thème est « Nos océans, notre avenir », des tests sont prévus dans les eaux à Kribi.
Il s’agira, selon des informations obtenues par CT, d’effectuer des prélèvements à différentes profondeurs, en surface, à – 5m et à – 10m, partant du rivage jusqu’à une distance de 5km. Une opération menée, pour le compte du Cameroun, par l’Institut des sciences halieutiques (Ish) de Yabassi, établissement de l’université de Douala, dans le cadre d’un projet portant sur l’acidification des océans et impliquant 37 pays.
D’après le Pr. Eyango Tomedi, directeur de l’Ish, il est question de déterminer le Ph de l’eau. Le fameux potentiel hydrogène, qui permet de déterminer si le milieu est acide, neutre ou basique. Un océanographe rencontré à l’université de Douala explique que l’océan est globalement basique, avec un Ph qui oscille entre 8,1 et 8,2. Mais en raison de l’action humaine – déchets pétroliers, rejets urbains, bref, pollution entropique –, le milieu des océans et des mers tend à se dégrader. Ou, en l’occurrence, à s’acidifier. Avec des impacts négatifs sur la vie marine, laquelle influence la vie terrestre.
« C’est dans les océans que la vie est née, et ils assurent la régulation du climat en absorbant mille fois plus de chaleur que l’atmosphère terrestre », poursuit notre source, ajoutant que la flore marine réalise également la photosynthèse. Le CO2 y est transformé en matière organique, laquelle est utilisée ensuite par des organismes vivants qui forment les premiers maillons de la chaîne alimentaire.
La préoccupation liée à l’avenir des océans vient en outre du fait que 50% de la population mondiale vit aujourd’hui près des côtes. Un chiffre qui devrait passer à 75% en 2025, selon des projections des Nations unies. Les résultats des tests effectués au Cameroun – pays dont la façade maritime est longue de 402 km – seront envoyés à l’Ocean Acidification African Network.