Accident :Eyebe Ayissi échappe à la mort

Le véhicule du Minader a été percuté par un grumier jeudi dernier, au lieu-dit Olembé II, à Yaoundé.

« Si vous connaissez ce monsieur, dites-lui qu’il ne mourra plus », déclare avec une pointe d’émotion un riverain qui a vécu l’accident de la circulation dont a été victime Henri Eyebe Ayissi, nouvellement porté à la tête du ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Jeudi dernier, l’ancien Consupe a, en effet, failli être sevré des fruits liés à son nouveau portefeuille ministériel. Sur les lieux de l’accident, moins de vingt-quatre heures après l’incident, les marques du choc sont encore visibles sur la chaussée. Selon un camionneur qui a vécu la scène, c’est aux environs de 19 heures que le véhicule de marque Toyota Prado ayant à son bord trois hommes, parmi lesquels le ministre Henri Eyebe Ayissi, a été percuté par un grumier.

« Le grumier et la Prado du ministre roulaient tous dans le même sens. Ils allaient tous en direction d’Obala. Une fois parvenu au niveau de l’intersection située à une centaine de mètres du poste de contrôle des eaux et forêts, le grumier, qui roulait à vive allure, a raté la chaussée et s’est retrouvé sur une pente mal bitumée de l’intersection, qui renvoie au parc des camions d’Olembé , relate Félix. B. Le conducteur du grumier va donc perdre le contrôle de son engin, lequel va froidement percuter la Prado du ministre qui le précédait. Ce qui va froisser tout le capot et le côté droit du véhicule du nouveau Minader, jusqu’à son immobilisation», ajoute notre source.

Veinard, le ministre de l’Agriculture l’a donc été ! Dans le sens inverse, aucun véhicule ne pointait heureusement à l’horizon. Ce qui a permis au chauffeur du camion de braquer son volant vers la broussaille, où il va terminer sa course dans un ravin. Les populations, qui ont spontanément accouru sur les lieux de l’accident, ont pu sauver le conducteur du grumier, avant que le gros porteur ne prenne feu.

Bertrand. N., un autre témoin de la scène, dit avoir vu le Minader sortir de son véhicule en claudiquant. « Il  saignait au niveau du visage », précise-t-il. Un véhicule est immédiatement appelé à la rescousse pour conduire Henri Eyebé Ayissi au Centre national des urgences de Yaoundé (Cnuy), où il a été  prestement pris en charge. Joint par téléphone le lendemain, une source hospitalière rassure quant à l’état de santé d’Henri Eyebe Ayissi, gardé en observation durant des heures au Cnuy. « Il est parti de l’hôpital ce matin [vendredi 16 octobre 2015, ndlr]. Ça n’était rien de grave. Juste quelques bobos», déclare le médecin. En revanche, l’état du conducteur du grumier reste pour le moins inquiétant.

L’intersection où s’est produit l’accident a été surnommé, en considération de la récurrence des collisions qu’on y enregistre, « Vip de la mort ». « Les usagers roulent extrêmement vite ici, surtout les camions et les grumiers. Même nous piétons, ne sommes pas à l’abri », s’alarme un habitant d’Olembé II. Lequel garde à l’esprit le dernier accident mortel sur ledit site, qui a laissé sur  le carreau une dizaine de morts.