Cameroun: Les prémisses de la régulation des radios communautaires

Une équipe de travail est à pied d’œuvre au ministère camerounais de la communication pour s’assurer de l’atteinte de l’objectif gouvernementale de 100 radios communautaires en milieu rural d’ici 2020.

Sensibiliser les populations rurales sur les problèmes de santé, de développement, d’agriculture et de commerce. Tels sont les missions que le gouvernement camerounais assigne aux radios communautaires. Le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), cadre de référence de l’action gouvernementale, prescrit au ministère de la Communication (Mincom) la création de 100 radios communautaires en milieu rural d’ici 2020. Le but étant de porter à 75% le taux d’accès des populations rurales aux médias locaux. 237online.com Le problème est qu’il n’y a qu’une vingtaine de radios communautaires émettent déjà sur le territoire national. Or, 2020 c’est dans quatre ans. C’est pour cette raison que le secrétaire général du Mincom, Emmanuel Ndjere, a présidé le 27 avril 2016 à Yaoundé, une réunion de concertations regroupant les représentants administrations publiques et des partenaires au développement impliqués dans les activités des radios communautaires. Question de rechercher des voies et moyens

de la mise en œuvre des recommandations du premier forum national des radios communautaires de 2010 et des états généraux de la communication tenus en 2012. Cette concertation a débouché sur la constitution d’un un groupe de travail. L’équipe va s’appesantir sur la définition du statut juridique, le cahier des charges, les mécanismes pour le fonctionnement et le financement, les plans de développement, les contenus des programmes et de la formation des personnels, le suivi et l’évaluation des activités. Le fruit de travail sera présenté au cours d’un atelier qui sera organisé «dans les prochains jours», rassure Emmanuel Ndjere. Il s’agit de «proposer au gouvernement, la mise sur pied d’un programme ou d’une structure de coordination nationale, en vue du déploiement harmonieux et cohérent du domaine des radios communautaires, pour une mise en œuvre efficiente des prescriptions du DSCE au cours de la période 2016-2020». Toutes choses qui permettront certainement, soutient-on au Mincom, d’assurer une meilleure lisibilité et une visibilité des différentes actions menées dans le projet radio communautaire.

Outil de développement
Selon les actes du premier forum des radios communautaires du Cameroun, tenu du 08 au 11 novembre 2010, la radio communautaire comme «un organisme de communication de proximité, créée soit par l’Etat et son partenaire, soit par une association communautaire. Elle est à but non lucratif, à propriété collective, gérée et soutenue par des gens d’une communauté donnée.» Il s’agit d’un outil de communication et d’animation qui a pour but d’offrir des émissions de qualité répondant aux besoins d’information, de culture, d’éducation, de développement et de divertissement de la communauté dont elle est issue. Car aux programmes de développement intervenant en zone rurale, se pose souvent le handicap de ne pouvoir disposer d’un réseau permanent, fiable, efficient et durable, permettant de faciliter la communication avec les bénéficiaires des différentes initiatives, qu’elles soient iden-
tifiées à la base ou impulsées par d’autres acteurs. De fait, la question de la communication communautaire préoccupe bien audelà des frontières du Cameroun. La coordinatrice du projet radio communautaire au bureau Unesco à Yaoundé, Sophie Beyala, explique ainsi que «les dix pays membres de la Ceeac attendent la promulgation des textes de lois en matière des radios communautaires du Cameroun, pour s’y arrimer