Cameroun – Société. SUD,Le grand Mifi en fête à Ebolowa

C’est à l’occasion du 24ème anniversaire du comité général grand-Mifi (Cogemi) qui s’est tenu du 8 au 14 mai dernier à Ebolowa. Ils sont venus des quatre départements que compte la région du Sud, avec les autres invités venus tout droit de la région de l’ouest Cameroun.

 
Une semaine pleine d’activités pour l’ensemble des ressortissants de cette aire culturelle. De l’investissement humain dans la ville à la soirée gastronomique en passant par les rencontres sportives aux conférences débats, rien n’a été oublié pour rendre encore plus belle ces festivités culturelles. Pour Jean Paul Kué président du comité général grand-Mifi dans le Sud, le but de ce regroupement n’est pas seulement dans les moments de tristesses.

Car, depuis 24 ans les membres du Cogemi ne s’étaient pas réunis pour des moments de joie, pour parler de leur propre culture. Alors unanimement, ils ont approuvé l’idée en vue de ressouder les liens de fraternité, de présenter aux autres citoyens de la région du Sud, une facette de la culture de l’ouest Cameroun.

C’est ainsi que le foyer culturel Bandjoun a paru étroit à l’occasion de la conférence-débat tenue le 11 mai dont le thème était, « sociétés secrètes et signification des danses traditionnelles dans le grand Mifi ». Pour l’orateur principal André Pascal Noukimi de la communauté Bapa du Sud, le grand Mifi qui est constitué de la Mifi actuelle, des hauts plateaux et le Koung-khi  a une panoplie de danses qui se pratiquent selon les temps et les circonstances.

Certaines des danses se font par clan d’âge et dans un accoutrement très spécifique, on apprend à le faire dès le jeune âge.  A cet effet pour le conférencier, sociétés secrètes et danses traditionnelles constituent le fondement de la société Bamiléké qui est restée fidèle à la tradition. Ainsi, parlant du secret de cette société, on y accède par voie d’un guide qui est dans la notabilité où on peut  être accepté ou pas, et on peut aussi succéder à un tiers.

Pour le chef de la communauté Bamengoum dans le Sud, les sociétés traditionnelles de l’ouest Cameroun sont très organisées. Ce sont des sociétés dites secrètes qui n’ont qu’un rôle consultatif destinées à aider le roi dans sa prise de décisions importantes pour sa communauté. Pour lui, par ces sociétés secrètes, il est plutôt question de veiller à la protection du village, sur les grands enjeux qui engagent la communauté. Dans un échange franc, l’auditoire s’est interrogé sur l’existence de la démocratie au sein de ces chefferies, ou alors qu’est ce qui se cache dans ces sociétés secrètes.

A l’évidence pour l’orateur, il existe une dose d’ésotérisme qui crée la différence entre non les membres et les membres de ces sociétés secrètes. Que faire pour que les sociétés secrètes maléfiques deviennent alors les sociétés secrètes de développement, c’est la quête permanente de toutes les communautés de cette aire culturelle de l’ouest.

Joignant l’utile à l’agréable, une journée entière a été réservée pour la phase de démonstration de toutes ces danses. Et le public est venu nombreux vivre les chorégraphies nouvelles qui intéresseraient les monteurs de clips en termes d’originalité. Pour Roger Takala ces journées ont constituées de beaux moments de rencontres fraternelles, qui davantage renforcent les liens et créent un climat harmonieux. Il est donc question pour la suite de voir comment les pérenniser dans un délai pas trop long. Il faut noter qu’il y avait à revendre  pour les amoureux de la chose culturelle.