Cameroun: Programme national du développement participatif couvrira 360 communes

La troisième phase du Programme national du développement participatif est sur les rails et ambitionne de couvrir les 360 communes du pays.

Exit la phase II du Programme national de développement participatif (PNDP). La troisième phase est désormais sur les rails. Jusque-là réservé exclusivement aux collectivités territoriales décentralisées, pauvres et fortement ruralisées, le troisième acte de ce programme intègre dans son portefeuille les communes d’arrondissement qui en étaient exclues. Elles sont au total 31 qui rejoignent les 329 premières communes, à être régulièrement prises en compte dans les diverses interventions du PNDP. Ce rattrapage consacre le caractère véritablement national de ce programme, spécialisé dans l’élaboration de manière participative de plans communaux de développement (PCD). Actuellement, 328 communes sont dotées de PCD dont l’objectif premier est de permettre un bon pilotage et une meilleure gestion des ressources locales. Les PCD font désormais partie des outils de préparation du budget d’investissement public, depuis 2012. C’est d’ailleurs l’une des retombées des deux premières phases de ce programme dont la priorité était accordée à la

planification à l’échelle communale, la réduction de la pauvreté, le co-financement des micro-projets… « Tout cela est rendu possible grâce au renforcement des capacités techniques et opérationnelles des ressources humaines en vue de la maîtrise d’ouvrage des communes », précise le coordonnateur national du PNDP, Marie-Madeleine Nga. Mais à la genèse de ce programme lancé en 2004 après les négociations avec la Banque mondiale qui ont permis au Cameroun de signer un accord de prêt avec l’Association du développement international (IDA), l’ambition était bien limitée. Elle était loin d’être nationale. Seules quatre régions sur les dix que compte le pays, étaient alors éligibles pour lancer la première phase de ce programme, bouclée en 2009. Le PNDP a alors travaillé pendant les premières années avec 155 communes, au total. La satisfaction des bénéficiaires a conduit les bailleurs de fonds et le gouvernement du Cameroun, à étendre l’expérience aux cinq autres régions du pays dans le cadre de la deuxième phase, à partir de 2010. En précisant que les communes d’arrondissement, qui, forment généralement les communautés urbaines, n’en feraient pas partie. La deuxième phase, toujours sous financement IDA, qui devait s’achever en 2013, continue de jouer les prolongations jusqu’en 2016. Cette fois-ci, avec le financement du C2D, convaincu par la pertinence et l’efficience des interventions du PNDP sur le terrain. Les interventions sont réalisées dans les différents domaines d’activités : économie locale, éducation, santé, marchés, dalots, forages, ponts et autres ouvrages sociaux divers. Faut-il souligner que le montant de l’enveloppe consentie pour la troisième phase donne une idée de l’importance de ce programme : près de 77 milliards de FCFA. Le traditionnel bailleur de fonds, à savoir IDA, est toujours dans le consortium des financiers. Au PNDP, l’on parle de la phase de consolidation et d’extension dont l’objectif est de renforcer la gestion des finances publiques locales et inculquer aux bénéficiaires le processus participatif de développement au sein de leurs communes. « Le but recherché est de garantir la fourniture des infrastructures et des services socio-économiques durables et de qualité », renchérit notre source. Les 360 communes du pays sont désormais logées à la même enseigne. Elles vont, toutes, bénéficier des financements pour réaliser leurs micro-projets. C’est une opportunité supplémentaire de financement pour ces collectivités territoriales décentralisées, confrontées à plusieurs défis. Le PNDP 3 s’inscrit, aux dires de son coordonnateur national, dans les politiques et stratégies nationales, clairement définies dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), la stratégie du développement rural et le processus de décentralisation. « La phase III va répondre à des défis systémiques qui se posent au développement local en ce moment », relève Marie-Madeleine Nga. Le cahier de charges s’est élargi avec le renforcement des capacités des acteurs nouveaux tels que les sénateurs et députés de la nation, et les instances de pilotage de la décentralisation, en vue de renforcer leur rôle dans le vaste chantier de la décentralisation en cours. Certains chantiers, engagés lors de la précédente phase, avec le fonds C2D, seront poursuivis. Les communes des trois régions septentrionales (Extrême-Nord, Nord et Adamaoua) et celle de l’Est qui connaissent des problèmes spécifiques de pauvreté, la présence des peuples autochtones tels que les pygmées et les réfugiés vont bénéficier d’un encadrement particulier. Aussi, la question environnementale, pour coller à l’actualité du développement durable, sera-t-elle, au cœur des préoccupations de la troisième phase, à travers le financement des activités REDD+. Enfin pour une grande visibilité de ces réalisations multiformes, le PNDP a inscrit dans sa feuille de route la réhabilitation de neuf radios communautaires et la création de douze nouvelles dans les communes. De quoi donner un large écho à cette troisième phase. 237online.com Comment ne pas envisager des lendemains meilleurs dans nos communes avec tout ce déploiement ? En tout cas, Cameroon Tribune, à travers le présent dossier, revient sur les principales interventions du PNDP à travers les dix régions du pays et fait le point des deux premières phases.