Cameroun – Environnement. SUD,Coopération Cameroun-Japon : les résultats de la recherche présentés aux populations à Bityili

C’est à l’issu d’un atelier tenu du 2 au 3 mai dernier dans la case communautaire du village de Bityili, une bourgade située à environ une dizaine de kilomètres d’Ebolowa, que chercheurs Camerounais et Japonais se sont donnés rendez-vous en vue de présenter le fruits de cinq années de leurs menées dans cette communauté.

 
Selon Dr Foahom Bernard coordonnateur du projet Fosas entendez, projet durabilité forêt-savane qui  s’inscrit dans le cadre d’une convention de coopération technique entre le Cameroun et le Japon. Il vise à améliorer les conditions de vie des populations locales en y intégrant les grands enjeux de l’heure à savoir les changements climatiques.

Ces populations vivent au contact d’une ressources dont elles tirent l’essentiel de leurs moyens de subsistance, il n’est pas question que cette ressource disparaisse du fait des pratiques inappropriées. Le projet Fosas a donc pour ambition de faire du développement sans compromettre  l’environnement.

Ainsi, une recherche participative a été entreprise depuis 4ans,  un certain nombre d’informations et d’innovations  ont été enregistrées. Dans les domaines de la production agricole avec le manioc et le bananier plantain, la transformation pour une plus-value, la science du sol et les produits forestiers non ligneux.

Il a été recommandé l’usage des variétés spécifiques selon l’objectif recherché à savoir, les feuilles, les boutures ou alors les tubercules. Selon le coordonnateur de Fosas, l’atelier de Bityili vise à échanger avec les populations sur un certain nombre d’outils développés ensemble et avoir leur feed-back.

Ainsi, avec l’exposé fait sur la durabilité de l’agriculture à Ebolowa présenté par Dr Manga Gabriel, il a été recommandé d’usage la bonne semence. Qu’à mesure qu’on travaille sur la même parcelle, il est important d’apporter des amendements au sol pour accroitre les rendements. La gestion de la fertilité du sol pour une meilleure productivité agricole dans les jeunes jachères avec l’usage du pueraria, une plante fixatrice d’azote.

Pour Papa Saliou Sarr  chercheur à l’université de Kyoto au Japon, il est question de la modernisation de l’agriculture familiale qui occupe une place importante dans l’amélioration des conditions de vie des populations. C’est habituer les populations à la gestion durable, c’est l’utilisation des bonnes pratiques et un matériel végétal fruit de la recherche.

Pour le cas du village Bityili, les variétés locales et améliorées ont été concomitamment utilisées et l’observation donne une variabilité de production dans les différentes parcelles. L’étude du sol, exposé détaillé par le Pr Funakawa révèle que les rendements varient en fonction de la texture du sol dans la zone de culture, ce qui a permis d’avoir des rendements différents dans trois zones de culture dans le même village de Bityili.

Au moment où le projet tire à sa fin, la nostalgie est grande pour les membres du comité villageois de concertation de Bityili qui,  selon sa présidente Sylvie Mvaebeme pendant quatre ans a reçu un bon encadrement aux côtés des équipes des chercheurs. Le comité a appris beaucoup, il souhaite que ces acquis soient dans une logique de continuité avec la présence d’autres structures d’encadrement.

C’est dans cette mouvance que le coordonnateur du projet Fosas pense que l’encadrement ne s’arrêtera pas avec la fin du projet. L’institut de rechercher agronomique et de développement (Irad) qui est le bras séculier de la recherche  agronomique au Cameroun pourra assurer le relai. D’où la présence de son directeur aux travaux de Bityili, et en a donné cette annonce de l’ouverture prochaine sur les traces du projet Fosas d’une station de recherche de la structure qu’il dirige à Bityili.

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Une annonce accueillie positivement par l’ensemble des populations qui l’exprime à travers  Bruno Mvondo chef traditionnel qui voit  une envolée de sa contrée.  A cet effet, par la sensibilisation on va davantage accélérer le processus d’appropriation par les populations maintenant que l’impact est bien visible. Il faut noter que ce projet de coopération technique entre le Cameroun et le Japon était expérimenté à Bityili dans le Sud, à Andom et Gribé dans l’est du Cameroun sous un co financement des deux pays.