Cameroun: Le fantasme de la présidentielle anticipée !

Depuis peu, c’est le Rdpc qui anime les chaumières avec les incessants appels au peuple à leur candidat.

Au même moment, c’est le grossissement de la rumeur de l’élection anticipée aussi fausse qu’invraisemblable qui semble les arranger. Cette année est décidemment celle des manœuvres de positionnement et de repositionnement des animateurs du parti au pouvoir. A moins de deux ans de la présidentielle, la nouvelle mode est celle des  » appels  » et des  » déclarations  » des élites à l’endroit de leurs  » champions « . Le message est précis. Après plus de trente ans de pouvoirs, ils sont aussi émerveillés par la magnificence de l’homme du Renouveau, qui est leur seul phœnix. Ils réclament déjà sa candidature pour la prochaine élection présidentielle. 237online.com Pourtant, ils sont les même à enfler le projet politique selon lequel l’élection présidentielle anticipée n’est pas à exclure. Ce qui frise quelque peu une l’incohérence, car ça serait vaine mission que de chercher à dégager la complémentarité de ces deux prétentions du

parti au pouvoir. D’abord ils s’agitent et s’excitent avec quelque peu de précipitation pour annoncer le profil de leur candidat. Ensuite, ils entretiennent la rumeur de la présidentielle anticipée. Finalement, ils vont essayer de convaincre l’opinion publique de l’omnipotence de leur candidat naturel, qui dans un monde, se présentera à la présidentielle. Et par un tour de magie, se téléportera dans un autre monde pour la présidentielle de 2018. De toute évidence, la seconde hypothèse semble la moins probable et la plus constitutionnellement archaïque et inutile. L’état actuel de la conjoncture politique au Cameroun ne fournit point un terrain approprié pour l’expérimentation d’une manœuvre aussi risquée qui serait même, s’il elle adviendrait, vide de tous fondement. S’il existe un concept dont les partisans de cette rumeur manipulent avec tous le hasard à craindre, c’est celui de l’élection anticipée. Selon la théorie constitutionnelle, une élection est dite anticipée lorsqu’une nouvelle élection est organisée pour une autorité politique dont le mandat n’a pas pu arriver à son terme du fait de certains évènements irrésistibles. Autrement dit, il peut arriver qu’une autorité élue perde son mandat avant le son terme du fait d’un évènement irrésistible. 237online.com Puis, est organisée donc une élection rapprochée pour trouver un remplaçant à l’autorité ayant perdu le mandat. L’élection est donc dite anticipée, parce que l’évènement qui le provoque était prévisible. En pratique, elle est utilisée dans les régimes parlementaires, lorsque qu’à la suite de la dissolution d’une Chambre basse, est organisé de nouvelles élections législatives. Le Président l’utilise aussi pour sanctionner une Chambre basse qui lui est hostile, afin de refaire sa légitimité et vérifier qu’il est toujours populaire. Sauf que de toutes les hypothèses ici évoquées, aucune ne sied dans le contexte actuel. 237online.com Formellement, l’élection présidentielle anticipée est envisageable. Mais soit avec le Président ou sans lui.

ELECTION ANTICIPÉE SANS LE PRÉSIDENT
C’est le scénario le moins probable, mais pas à exclure. Il est désagréable à évoquer parce qu’il se ferait sans le Président de la République dont les partisans veulent absolument voir la candidature déclarée. En plus, il évoque des pensées de morbidité qu’on ne redirigerait vers aucun ennemi. La Constitution et le Code électoral admettent cette anticipée en précisant les évènements qui s’ils se réalisent, emporteraient l’organisation d’une élection présidentielle anticipée. Il s’agit de la vacance du poste de Président de la république, c’est-à-dire l’absence de son titulaire. Elle peut être provoquée par le décès, la démission ou l’empêchement définitif. C’est ce dernier évènement qui est semble quelque peu souffrir de précision. 237online.com Et ce manque de précision est une habilité rédactionnelle qui plus opportune que regrettable. On ne peut prévoir et lister exhaustivement les différentes hypothèses, qui sont aussi péremptoires que le décès et la démission. Imaginons la maladie, démence mentale, accident grave. C’est le Conseil constitutionnel qui constate la vacance. Dans l’hypothèse de la démission, le Président doit le faire par message à la nation. Quoiqu’il en soit, c’est le Conseil Constitutionnel qui organise la transition avec le président du Sénat qui commence à assurer l’intérim. On perçoit mal une de ces hypothèses être celle envisagée par les partisans de l’homme du renouveau, même si la vérité oblige de ne pas les ignorer.

ELECTION ANTICIPÉE AVEC LE PRÉSIDENT
C’est le scénario le plus plausible et envisageable. Ici, l’homme du renouveau sera acteur et présentera sa candidature. Elle se passera à la suite d’une révision constitutionnelle. Et la révision concernerait ici l’article 6 alinéa 2 qui ferait diminuer le mandat du P.r à pas plus de deux ans, qui passerait ainsi de à cinq ans ou à six ans. 237online.com Mais la révision de la constitution ne s’en tiendra point là. Comme le projet de révision de Macky Sall au Sénagal, la nouvelle durée du mandat devrait s’appliquer à l’actuel mandat du P.r qui cesserait soit en 2016, soit en 2017. L’initiative de révision constitutionnelle appartient au P.r et au Parlement. La révision est adoptée par les chambres du Parlement siégeant en Congrès. Mais, rien ne permet à l’état actuel de justifier une telle manœuvre. Il paraitrait incompréhensible de réduire un septennat de un ou de deux ans, puisse qu’il est déjà quasiment achevé. A moins qu’il s’agit d’un élément de modernisation, car il est toujours louable de réduire raisonnablement un mandat politique. Et rien n’exclut qu’il se présente à nouveau. Ou alors, et c’est l’idée la plus partagée, cette révision cache une crainte secrète du régime. Malgré tous, la vacance est constatée et une élection est organisée après au moins vingt jours avant et cent -vingt jours au plus après l’ouverture de la vacance. Voilà les hypothèses plausibles. Pourtant, la surprise dans deux ans peut les écarter dans le cas où l’homme du Renouveau déciderait de n y point recourir.