Cameroun – Niveau de vie: 8 millions de pauvres au Cameroun en 2014

C’est ce que révèle la 4è enquête camerounaise auprès des ménages de l’Institut national de la statistique (INS)

Le nombre des pauvres au Cameroun est passé de 7,1 millions en 2007 à 8,1 en 2014. Il s’agit des résultats de la Quatrième enquête camerounaise auprès des ménages, menée par l’Institut national de la statistique (INS). Sur une population estimée à 22 millions d’habitants, le pourcentage est de 37,5%. Encore très loin de l’objectif des pouvoirs publics qui est de 28,7% d’ici 2020.

Le document mentionne que « sur la base d’un seuil de pauvreté monétaire de 339 715 Fcfa par an, soit 931 Fcfa par jour par équivalent adulte, calculé à partir des dépenses de consommation finale des ménages, l’incidence de la pauvreté se situe à 37,5% en 2014, contre 39,9% en 2007. En rappel, ce taux était de 40,2% en 2001 et 53% en 1996. Cette baisse modérée de 2,4 points de pourcentage est en deçà du rythme préconisé dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) et ne permet pas d’atteindre l’Objectif de réduire de moitié la pauvreté à l’horizon 2015 suivant l’Agenda des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Cette baisse de la pauvreté est mitigée, car si l’incidence de la pauvreté recule en milieu urbain, elle augmente plutôt en milieu rural ».

Comme très souvent en pareil circonstance, les disparités sont énormes entre les plus riches et les plus pauvres et entre le milieu urbain et le milieu rural. « En 2014, les 20% des ménages les plus riches consomment 10,1 fois plus que les 20% les plus pauvres ; alors que ce ratio était déjà élevé et se situait à 7,5 en 2007 », souligne l’enquête.

Curieusement, les ménages riches ont accru la tendance à consommer du riz. « La part de la dépense d’achat du riz dans la dépense totale de consommation alimentaire a augmenté de 1,2 point pour un ménage non pauvre, en passant de 6,8% à 8,0%. Pour un ménage  pauvre, elle a augmenté de 1,7 en passant de 4,1% à 5,8%. En ce qui concerne le poisson frais/ congelé, sa part dans la dépense alimentaire totale des ménages s’est accrue de moins d’un point en passant de 4,7% en 2007 à 5,5% en 2014. Celle des ménages non pauvres a en moyenne varié de 0,7 point, alors que celle des ménages pauvres a varié de 0,9 point ».

Concernant le marché du travail le rapport note que sur la même période, « l’économie a généré plusieurs milliers d’emplois, principalement dans le tertiaire où les administrations publiques ainsi que les entreprises publiques s’illustrent par leur dynamisme, face à un secteur privé hésitant. L’économie informelle a, quant à elle, continué d’être le réceptacle des jeunes chômeurs à la recherche de leur subsistance en attendant des meilleures opportunités d’insertion dans l’économie moderne. Cette création d’emplois a sensiblement contribué au recul de la pauvreté, surtout en milieu urbain, car, la plupart des emplois créés relèvent principalement du secteur public et du secteur informel urbain ».