Cameroun: Albert Dzongang accablé par l’élite économique de son village

Les tuiles s’accumulent pour l’ex-golden boy bamiléké de la politique. Après le fiasco de son retour au RDPC, voici que les leaders de sa communauté lui tournent le dos.

Le moins que l’on puisse dire est que la descente aux enfers semble s’accélérer pour Albert Dzongang. Il y a quelques semaines, il faisait l’actualité à travers une publication très opportune de la lettre du Secrétaire Général du Comité Central du Rdpc. Jean Nkuete recommandait alors au Président national du Rdpc d’accepter le retour ” sans concession ” du ” militant ” Albert Dzongang dans les rangs du parti au pouvoir qu’il avait quitté avec fracas il y a une vingtaine d’années en insultant son chef Paul Biya et surtout en crachant dans la soupe qui l’avait bien engraissé en son temps.A l’heure du bilan, Albert Dzongang notait que l’opposition ne lui avait rien apporté, d’où cette décision de ” rentrer à la maison ” par la grande porte. Malheureusement, la divulgation ou (fuite organisée) des intentions de Jean Nkueté produiront un effet contraire, obligeant Albert Dzongangà raser les murs

: lui très volubile dans les médias, en était à fuir jusqu’à ses amis journalistes et depuis lors, les paris sont ouverts sur ses réelles possibilités de rebondir. En sous-main, le retour de Albert Dzongang visait à trouver un remplaçant de poids à Françoise Foning dans cette circonscription de Douala 5e et de Wouri Est. Ce n’est pas gagné.

MALCHANCE !
Il se trouve aussi qu’un malheur n’arrive pas seul.Sans qu’on puisse y voir une simple coïncidence, c’est le moment choisi par certaines élites très importantes de son groupement pour le mettre à l’index. D’illustres personnes réunies au sein du Sauderba qui viennent de rédiger une motion de rejet des visées de AlbertDzongang engagé dans un bras de fer judiciaire contre le chef supérieur Bahouan. D’après des informations que nous avons pu avoir auprès des personnes proches de ce dossier, il ressort que le chef supérieur Bahouan, S.M. Ndassi Nenkam exploite une parcelle de terrain à Bahouan sur un site non loin de sa chefferie depuis une vingtaine d’années. Il y cultive des produits maraîchers. Mais la propriété du terrain lui est contestée par Albert Dzongang qui soutient que le domaine lui appartient et d’ailleurs il a réussi en son temps à immatriculer le terrain en son nom depuis plusieurs années.
Reste que du temps de sa splendeur politique, personne à l’époque n’avait osé attaquer Albert Dzongang sur ce terrain. Mais avec la perte de son influence dans son groupement et même ailleurs, des vocations se sont faites et de nouvelles ardeurs se sont découvertes. Prenant son courage à deux mains, le chef supérieur Bahouan a porté l’affaire en justice pour demander que son droit soit respecté sur la parcelle qu’il exploite. Il sollicitait l’annulation pure et simple du titre foncier établi au nom de AlbertDzongang sur cette propriété. L’affaire a déjà fait du chemin, puisqu’elle se trouverait en ce moment à la chambre administrative de la Cour suprême.
La motion de soutien des élites Bahouan apparait aujourd’hui comme un signe que Albert Dzongang est isolé dans son initiative. Un lâchage public pour montrer l’asociabilité d’un personnage à qui on ne peut plus faire confiance comme porte-parole des siens puisque ceux-ci le rejettent dans ses appétits de vouloir étouffer le chef de son village.
Nous le disions, les membres de cette association dite Sauderba ne sont pas du tout des cadets à Bahouan. Elle est présidée par Djemo Lucas, le PDG de Sorepco. On y retrouve aussi Lucas Samo le DG de Comeci, Toukam Zuko Paulin, le DG de Camlait et bien d’autres belles gâchettes de Bahouan dont les noms apparaissent sur la feuille de présence ci-contre de la session au cours de laquelle ils ont pris la décision de voler au secours de Sa Majesté Ndassi Nenkam Faustin en lâchant implicitement Albert Dzongang à la vindicte de l’opinion de Bahouan et d’ailleurs.
Une telle affaire aurait été plus équilibrée par le propre commentaire de Albert Dzongang, mais l’homme s’est enfermé depuis lors dans un silence qui ne lui est pas habituel. Nos démarches se sont heurtées à l’imperméabilité de sa secrétaire rencontrée à son bureau sis à Akwa. ” Le Président ne parle plus à la presse jusqu’à nouvel avis. Quels qu’en soient les sujets abordés. ” Ainsi soit-il !