Cameroun – Etude: Le rapport des Camerounais à la démocratie

Afrobaromètre a présenté, le 02 novembre dernier à Yaoundé, une enquête sur la perception et l’application de ce concept.

59% des Camerounais n’a pas confiance à Elections Cameroon (Elecam). C’est l’un des résultats de l’enquête Afrobaromètre, dirigée par l’université de Yaoundé II au Cameroun. Le rapport présenté le 02 décembre dernier à Yaoundé a suscité des débats. Entre les représentants des partis politiques présents, les représentants du Sénat, de l’Assemblée nationale, des ministères de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), de la Justice, de la Communication, de la chambre administrative de la Cour suprême, d’Elecam et d’autres administrations, les opinions se rejoignent et se contredisent selon les cas.
L’enquête réalisée sur toute l’étendue du territoire camerounais avec 1200 personnes adultes «représente exactement la société camerounaise dans ses différentes proportions», indique l’universitaire Atangana Ondoa, qui a dirigé l’étude réalisée en janvier-février dernier. L’échantillon constitué de 50% d’hommes, de 52% de personnes vivant en zone urbaine et de personnes lettrées, illettrées, entre autres révèlent également que 42% des Camerounais pensent

que les élections législatives de 2013 n’étaient pas libres et équitables. Des statistiques qui ont d’ailleurs été remises en doute par des partis de l’opposition: Social Democratic Front (Sdf), Union des populations du Cameroun (Upc)… présents dans l’assistance.

Corruption
Selon eux, le chiffre a été revu à la baisse car ne reflétant la réalité. Surtout qu’un des pans de l’étude indique que les interviewés voteraient à plus de 70% le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir, si les élections présidentielles étaient organisées au moment de la réalisation de l’enquête. Un pourcentage qui va réjouir le représentant du Rdpc dans la salle qui va d’ailleurs mentionné que le chiffre est fidèle au score toujours réalisé par le parti au flambeau lors des suffrages. Tandis que l’opposition criait à la «manipulation». Loin des batailles politiques, le vice-recteur chargé de la recherche à l’université de Yaoundé II, M. Mol Nang a également émis quelques réserves sur l’échantillonnage de l’enquête. Selon lui, les enquêteurs auraient pu augmenter l’échantillon de Douala. «La méthodologie ne souffre d’aucun problème. Nous ne sommes pas les seules à utiliser cette méthode et Afrobaromètre ne saurait accepter un travail approximatif», s’est défendu le chercheur Ngoa Tabi, qui a participé à l’étude.
Cette étude est la sixième du genre réalisé par Afobaromètre. Un décompte valable pour les 35 pays couverts par ce réseau de recherche panafricain qui mène des enquêtes d’opinions publiques sur la démocratie, la gouvernance, entre autres. Ceci pour «fournir des données de haute qualité aux décideurs, aux organisations de la société civile afin de contribuer au progrès social». Le Cameroun en est au deuxième rapport du genre. Un chiffre qui sera revue à la hausse le 16 décembre prochain lors de la présentation du troisième rapport sur les institutions et la corruption au Cameroun.