Cameroun – Lutte contre Boko Haram: La Commission des droits de l’homme dénonce

Comme Amnesty international, l’organisation s’en prend à l’Armée camerounaise. Le rapport 2014 fait un arrêt sur les fautes commises au sein des populations par l’Armée camerounaise dans la lutte contre les terroristes.

Un remake de l’affaire Amnesty  international. Mais le vitriol en moins. Le rapport de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) sur l’état des droits de l’homme en 2014 au Cameroun met les pieds dans le plat. Alors que les vagues causées par les allégations de l’Organisation non gouvernementale sur des exactions commises par les forces de sécurité nationales dans la région de l’Extrême-nord s’étaient presque estompées, la Cndhl que préside Chemuta Divine Banda provoque de nouvelles ondes. En effet, la Commission dénonce une pluralité d’exactions réalisées par l’Armée dans la lutte contre la troupe à Shékau. Il s’agit en fait, de cas d’arrestations et de séquestrations, de ratissages de villages, de disparitions forcées et de décès de détenus.

Au-delà des ces fautes observées par les agents de la Cndhl, le rapport fait état d’allégations portées devant ces derniers par les populations de la région au cours notamment des missions effectuées le 13 août et du 23 au 27 septembre 2014. Il s’agit de «perquisitions intempestives dans les domiciles privés sans mandat de justice, d’ arrestations et séquestrations arbitraires, de rançonnement des usagers de la route (extorsions de sommes d’argent aux usagers de la voix publique par les forces de défense et de sécurité pour dispenser lesdits usagers des contrôles de routine ou de l’interdiction de circuler à certaines heures …), d’extorsion des fonds aux populations Mbororos et de trafic de stupéfiants», relève le rapport.

Pour faire bonne mesure, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés consacre la part belle de ses dénonciations sur la situation dans la région de l’extrême nord aux exactions de la secte Boko haram. Un procédé qui n’occulte nullement les accusations portées à  l’endroit de l’Armée camerounaise. Des allégations qui rappellent celles contenues dans le rapport de l’Ong Amnesty International rendu public le 16 septembre 2015. Dans ce document, se souvient-on, l’Ong accusait l’Armée camerounaise de violation des droits de l’homme dans la lutte contre les adeptes de la secte Boko Haram. Des fautes qu’Amnesty International élevait pratiquement au même rang que celles commises par les fous de Dieu : «Les atteintes aux droits humains commises par les forces de sécurité semblent suivre, dans leur fréquence et leur ampleur, les attaques perpétrées par Boko Haram», avait soutenu Llaria Allegrozzi, chercheur pour l’Afrique centrale d’Amnesty international. Ces accusations avaient alors causé l’ire du porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary. Ce dernier était monté au créneau, dénonçant alors des «allégations quelque peu fausses», puisque selon le Mincom, «le Cameroun n’innove pas ». Dans ce domaine à tout le moins.

Victoire ternie

Les dénonciations du Rapport 2014 de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés interviennent toutefois, aux lendemains d’une grande réussite de l’Armée. Les opérations Alpha et Emergence 4 qui selon le ministre de la Défense, ont conduit à la libération de 900 otages et à la neutralisation d’une centaine de membres de Boko haram, il y a quelques jours. La Cndhl remet dès lors en question, (sans plonger sa plume dans du vitriol) les méthodes notamment de la Gendarmerie, de la police, du Bataillon d’intervention rapide (BIR), du Bataillon d’infanterie motorisée (BIM) déployés dans la lutte contre la secte islamiste.