4e emprunt obligataire: Le Cameroun recherche 150 milliards

Hier mardi 20 Septembre à Douala, le gouvernement a annoncé le lancement d’un 4e emprunt obligataire pour financer divers projets de développement.

Fort de ses précédents succès sur le marché de l’emprunt local, l’Etat du Cameroun lance dès ce 27 Septembre 2016 un 4e emprunt obligataire dans le but de financer divers projets de développement. 237online.com Le ministre des finances, Alamine Ousmane Mey a fait le déplacement de Douala hier mardi pour procéder au kick off d’une opération qui devrait permettre à l’Etat camerounais de lever 150 milliards de Fcfa sur une période comprise entre le 27 Septembre et le 12 Octobre 2016. Le ministre des finances qui agit au nom de l’émetteur des titres qu’est l’État, s’appuie sur une habilitation à lui conférée par le décret du 01 Mars 2016. Par cet acte du chef de l’Etat, le Minfi est autorisé à recourir à des émissions de titres d’un montant maximum de 300 milliards de Fcfa. Justifiant ce nouvel endettement, Alamine Ousmane Mey a dès l’entame de son propos vanté la

crédibilité d’un Cameroun qui paie ses dettes tout en étant résolument engagé sur le chemin de l’émergence. « Le train de l’émergence est en marche et dessert plusieurs gares à travers les projets structurant », a dit le ministre sous l’acquiescement d’un imposant parterre d’investisseurs qui ont pris d’assaut l’une des salles de conférence de l’hôtel Akwa palace à Douala. Ce 4e emprunt obligataire vise à financer une partie du budget de l’Etat 2016 dont le montant global est de 4 234, 7 milliards de FCFA. Concrètement, l’emprunt lancé hier vise à mobiliser 150 milliards de FCFA pour financer des projets notamment dans le domaine de l’eau et de l’énergie ( 86,6 milliards de FCFA), des travaux publics (27, 3 milliards), et du développement urbain (9,1 milliards). L’Etat se réservant une marge de 27 milliards pour ses « interventions ». Au nombre des projets retenus, on peut dans le détail cité le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé qui sera financé à hauteur de 61,5 milliards de FCFA et les travaux de construction du Port de Kribi qui recevront une dotation de 16 milliards de FCFA. Une fois encore, le Cameroun a misé sur l’attractivité pour boucler cette levée de fonds. L’opération qui s’étend sur 5 ans (2016-2021) offre un taux d’intérêt intéressant de 5,5% net d’impôts pour les opérateurs résidants au Cameroun. Toutefois, ceux des souscripteurs qui résident dans des pays étrangers devront s’astreindre à la législation fiscale en vigueur sur leur territoire. Les souscriptions sont ouvertes et c’est quasiment tout le monde qui est concerné. Des personnes physiques (fonctionnaires/salariés du secteur public, salariés du secteur privé, commerçants, entrepreneurs, planteurs et autres) aux personnes morales (banque, assurance, société, organisme de retraite etc.).

Une prise ferme de 112 milliards de FCFA
La valeur du titre est fixée à 10 mille FCFA et il faut acquérir un minimum de 30 titres (soit 300 mille FCFA) pour rentrer dans l’opération. « Il s’agit de faire en sorte que les frais fixes induits ne soient pas très important par rapport à la mise des épargnants », a justifié Alexandre Beziaud, le Directeur général de la Société Générale du Cameroun dont l’entreprise fait partie d’un consortium dûment mandaté comme chef de file de l’opération par l’Emetteur. Ce consortium qui regroupe des prestataires de services d’investissements que sont (Afriland First Bank, EDC Investment Corporation (filiale du groupe Ecobank) et Société Générale Cameroun a déjà réussi à mobiliser 112 milliards de FCFA de prise ferme par le biais d’un syndicat constitué dans le cadre de la présente opération. Outre les banques suscitées, ledit syndicat regroupe des banques comme la Bicec, BGFI Bank, UBA Cameroun, Financia Capital et Cenainvest SA. Il s’agit là des établissements placeurs qu’il faut contacter pour souscrire. 237online.com Autant dire que dans les faits il n’y en a que pour 38 milliards de titres à prendre. D’où l’optimisme de divers acteurs qui croient dur comme fer que l’opération devrait être bouclée dans les tous prochains jours. Un optimiste qui a fait dire à Alphonse Nafack, l’Administrateur Directeur Général de Afriland que « les banques se félicitent du climat de confiance qui règne avec l’Etat ». Dès 2017, l’Etat commencera à payer des intérêts annuels de 8 250 000 000 sur la dette ainsi contactée. Au total, l’Etat versera des intérêts estimés à 28 875 000 000 pour un total de paiement de 178 875 000 000 de FCFA. Pour rappel, l’emprunt obligataire « ECMR 5,5 % net 2016-2021 » est le 4e du genre à être lancé par le gouvernement camerounais. Le premier emprunt « ECMR 5,6 % net » lancé en 2010 sur une période de 5 ans avait permis à l’Etat de lever 200 milliards de FCFA. Les suivants de 2013 et 2014 ont permis d’engranger respectivement 80 et 150 milliards de FCFA.