Zone Cemac :Vers la mise sur pied d’une bourse unique

L’existence de deux places boursières dans une sous-région où seule une minorité d’entreprises est cotée, dilue manifestement leur activité.
La Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) révise ses cours. Puisque le marché financier de la sous-région piétine. C’est pourquoi elle a lancé depuis le mois de juillet dernier, une étude sur le potentiel du marché financier de l’Afrique centrale. Dans ce cadre, des dirigeants de la Cosumaf, accompagnés de l’équipe des consultants du cabinet Roland Berger, consultant sélectionné pour mener l’étude, ont rencontré des agents économiques du Gabon, de la Guinée Equatoriale et du Congo. Ces experts séjournent au Cameroun du 6 au 17 septembre 2015 dans le cadre de la même mission. Cette étude financée par la banque mondiale, dans le cadre du projet Ida de renforcement des capacités des institutions de la Cemac, se déroulera sur l’ensemble des 6 états membres de la Cemac. Dans ce cadre, des responsables de la Cosumaf et du cabinet Roland Berger, de même que le secrétaire exécutif du Gicam, Alain Blaise Batongue, ont eu un échange avec la presse vendredi à Douala.

«Quand il y a un défi, il faut le relever. Dans notre mission, on s’inspirera de l’Asie du Sud-Est et du Maroc, qui ont développé leur marché de capitaux malgré une économie dominée par l’informel.» C’est le point de vue de Georges Ferre, Project Director au cabinet Roland Berger. Cette étude conduira l’équipe de consultants à établir un diagnostic de la situation actuelle, identifier les acteurs économiques qui pourront émettre sur le marché, formuler des recommandations en matière d’adaptation et/ou réforme du marché, de ses structures et du cadre réglementaire au sens large et enfin à amorcer l’accompagnement des acteurs identifiés pour favoriser leurs recours au marché.

Puisque beaucoup d’obstacles au financement boursier existent encore en Afrique centrale. En plus des entreprises pouvant recourir au marché ne sont pas officiellement répertoriées, encore qu’elles n’ont même pas encore la culture boursière. C’est pourquoi au terme de l’étude, le consultant produira un rapport sur l’étude de marché des entreprises pouvant recourir au financement boursier par secteur et par pays ; un document sur le plan d’action pour aplanir les obstacles au financement, accroître la culture boursière et attirer sur le marché. De même qu’un rapport spécifique sur les mesures idoines pour les Pme en vue de leur accès au financement par le marché.

Toutefois les conclusions de cette étude qui seront transmises au comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac) peuvent se heurter au blocage politique. «La dynamique politique n’est pas toujours en faveur de la dynamisation de la bourse en Afrique centrale. C’est pourquoi il faudrait une bourse commune en Afrique centrale, avant une bourse dans chaque pays. Car, avec une bourse unique forte, chaque pays pourra s’il le veut créer sa propre bourse au moment opportun.» C’est en substance la suggestion du secrétaire exécutif du Gicam, Alain Blaise Batongue.

Ainsi, l’une des deux bourses concurrentes, (Bvmac) à Libreville et Douala Stock Exchange (Dsx) à Douala pourraient disparaître. Surtout que le cabinet Roland Berger aborde dans le même sens. «Si l’activité était forte, il y aurait le potentiel pour que ces deux bourses puissent fonctionner, mais ce n’est pas le cas. C’est pourquoi il faut qu’il y ait une convergence des moyens, une convergence des idées. Les avantages pour les entreprises d’aller sur le marché financier c’est pour pouvoir bénéficier de financement sans limite.» C’est l’économie du propos de Georges Ferre.