Yaoundé VII : un lac opportuniste envahit Nkolbisson

A un jet de pierre du carrefour Tsimi, l’eau y a fait son lit, suite à l’obstruction du pont d’un cours d’eau traversant la zone par des bouteilles plastiques.

C’est une zone marécageuse certes, mais jamais on a vu autant d’eau à cet endroit. «Ce pont qui relie Nkolbisson à Oyom-Abang se bouche toujours pendant les pluies, car le torrent traîne les ordures de toutes sortes qui viennent s’échouer ici et bouchent les tuyaux d’évacuation du pont. Depuis la dernière saison, aucune goutte ne filtre, d’où cette étendue d’eau stagnante», rapporte un riverain.
Dans le souci de drainer l’eau sur ce site, les employés de la mairie ont souvent essayé cahin-caha de déboucher les tuyaux. En période sèche, on pouvait voir au niveau de la bouche du pont de centaines de bouteilles plastiques. «C’est à cause de la poubelle que la société d’Hygiène et de salubrité du Cameroun (Hysacam) a installé près de cette passerelle. Les gens ne vident pas leurs ordures dans la poubelle. Les populations déversent tout dans cette petite rivière, oubliant que l’antre du pont est exigu. Voilà pourquoi l’eau stagne», explique un autochtone du quartier.

A cause de cette obstruction, l’eau s’est accrue considérablement pendant la saison de pluie, de mars à juin derniers. Pour pallier ce problème, la communauté urbaine de Yaoundé a fait planter les eucalyptus. Arbre réputé pour sa capacité d’absorption d’eau dans les zones marécageuses. Malheureusement, ces arbres n’ont pas pu résister à l’abondance de l’eau. En plus des eucalyptus, des manguiers, des palmiers et des pruniers qui jonchaient le long du site ont été absorbés par les eaux.
La présence de ce lac opportuniste, n’a pas laissé le délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, indifférent. Pour mettre fin à ce lac pas comme les autres, il y a quelques semaines, l’entreprise China Road Bridge and Corporation (Crbc), y effectue des travaux. La route a été segmentée et un pont en bonne et due forme est en cours de réalisation. Ce lac inopiné est devenu au fil des jours le lieu d’attraction des jeunes du quartier. Au petit matin avant l’arrivée des techniciens de la Crbc, ils y vont avec leurs cannes à pêche. Et le soir à partir de 16h ils y reviennent. «Je viens ici pêcher du poisson», répond Noé, un garçon âgé de 10 ans environ. «On pêche souvent de poissons des silures», poursuit-il. Tout à côté, son ami Rodrigue, 12 ans, est venu aussi pour le même objectif. «C’est un peu difficile d’en prendre. Depuis que je suis là, rien n’a mordu l’appât. Mais, je garde espoir», murmure-t-il esquissant un sourire jovial.