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Yaoundé – Sacrilège: Indifférence au pied du 1er monument de la Réunification

Yaoundé – Sacrilège: Indifférence au pied du 1er monument de la Réunification

Au moment où, le président de la République, Paul Biya s’apprête à procéder au dévoilement du monument des cinquantenaires, le monument-premier symbole de la Réunification ploie dans l’ingratitude et le déficit de mémoire collective.

Plateau Atemengue. Yaoundé, la ville aux sept collines. L’observateur qui se trouve sur les lieux, est pris d’émotion devant la barrière en fer qui encercle deux monuments. Parmi les deux, se trouve, le monument de la Réunification, en mémoire de la fusion des deux Cameroun (Francophone et Anglophone). A première vue, une descente sur les lieux, serait une action tout aussi banale si le contexte, paré aux sons et couleurs de la célébration du cinquantenaire de la Réunification, n’était pas au centre de toutes les attractions. D’après le programme officiel du chef de l’Etat Paul Biya qui a atterri hier en grandes pompes dans la ville de Buea, il est prévu, le dévoilement au public, en guise d’inauguration , du monument des cinquantenaires de la Réunification. Loin des festivités et de la ville des convergences, le monument du plateau Atemengue, est plutôt enchaîné dans des barres de fers. Comme s’il ne mérite une considération. « Aucune activité n’est prévue ici. Il y a quelques journalistes qui descendent ici. Mais les mouvements de foules sont faibles. Tout le monde a les yeux sur Buea» lance le vigile. Naïvement.

Le premier monument, le véritable vestige symbole de la Réunification, est délaissé; juste un désherbage; mais aucune toilette des grands jours. Pas même un coup de pinceaux, pour faire du neuf sur ses habits. «Ce n’est pas parce que la tortue va à pas lents, qu’elle n’a pas droit à sa part » enseigne l’adage. Moralité, ce n’est pas parce que le monument de la Réunification croule sous le poids de l’âge, qu’il mérite indifférence, méprise et oubli. Hier pourtant, l’on a assisté à un imposant défilé des élèves des lycées et collèges. Au-delà de la parade et des artifices qui ont marqué le folklore, aucune convergence, pas de visite, ni même d’arrêt, de recueillement encore moins de visite touristique au monument de la Réunification. Même les étudiants de l’Université de Yaoundé I, les élèves des lycées : Leclerc, technique et Ngoa-Ekellé qui se trouvent à un jet de pierre du monument et qu’on a déployés au défilé, ont traversé moutonnement ledit vestige. Sans marquer une escale. Hélas. Tout laisse croire qu’il y aurait un embargo sur la mémoire décrété à l’encontre du monument.

La 2ème mort de Jean Baptiste Obama, Engelbert Mveng…

Alors que la nation toute entière n’aura des yeux, d’attention et de vives émotions qu’en direction de la mythique ville de Buea, très peu sont ceux qui se souviendront du Professeur Jean Baptiste Obama et de l’écrivain-Révérend Père Engelbert Mveng. Dans une discrétion naturelle, les deux savants avaient opéré des sacrifices énormes pour la gloire du monument. Le désenchantement qui s’observe sur le site du monument de la Réunification, est une parfaite illustration de l’œuvre piétinée des deux historiens et hommes de culture. Le manque de considération pour le monument de la Réunification, marque la déconfiture et la rupture entre les Camerounais et leur histoire qui s’écrit désormais avec la gomme. Le roi Paul Biya, qui est descendu en «visite officielle», à Buea avec toute sa constellation des caciques, dinosaures, barons du Renouveau et autres apparatchiks, saura-t-il se souvenir de ces bâtisseurs ?

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