Yaoundé :Les laveries de fortune font la loi

Malgré plusieurs interdictions de la communauté urbaine, les laveurs de voiture du lieu-dit Carrefour Corniellet continuent d’exercer librement.

 

Mercredi 28 octobre 2015. Les engins de la communauté urbaine de Yaoundé font un bruit assourdissant au quartier Essos au lieu-dit carrefour Corniellet, à Yaoundé. Depuis un peu plus de deux semianes, les agents de la Cuy réhabilitent ce tronçon. Où règne crevasses profondes adoubée de nids de poules contenant des flaques d’eaux stagnantes. Des travaux qui avancent pendant que les laveurs de voitures continuent d’exercer tout à côté. Près de la laverie, se trouve un point d’eau. Il permet aux laveurs de nettoyer les différents engins ou véhicules que les clients leur soumettent.

Les voitures sont positionnées ici en fonction du laveur, qui ne reste pas toujours figé à côté du point d’eau qui lui sert d’approvisionnement. Certains d’entre eux préfèrent se tenir au bord de la route pour intercepter l’arrivée d’un éventuel véhicule. Les eaux usées issues de leur besogne échouent sur la chaussée en réhabilitation. Ils pratiquent leur activité au vu et au su de tous. Pourtant, leur activité n’est pas étrangère à la dégradation progressive de la route. Avant le début des travaux, c’est des deux côtés de la chaussée que les employés de cette structure astiquaient généralement les véhicules. Les détergents et autres produits utilisés pour redonner de l’éclat aux voitures dégoulinaient sur la chaussée. Un phénomène qui a occasionné de nombreux embouteillages et détruits la chaussée. Une façon d’agir qui a peu à peu dégradé la chaussée.

D’ailleurs, dans un communiqué en 2014, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), Gilbert Tsimi Evouna sommait les propriétaires de laveries illégales situées sur les chaussées de se mettre en règle. Toutefois, depuis la publication de cet ultimatum, aucune mesure n’a été prise dans ce sens. Du moins, celle entreprise n’a pas porté de fruits. «On nous demande régulièrement de quitter les lieux. Mais, nous n’avons pas où aller», explique un laveur de voiture. Ce chantier intervient dans le cadre de la construction, réhabilitation et l’entretien des ouvrages d’assainissement dans certaines rues de la ville de Yaoundé. D’après la plaque chantier, les travaux sur cette voie vont durer cinq mois. Ainsi, depuis le début des constructions, cette route est devenue un vrai parcours du combattant pour les personnes qui l’empruntent. Route cabossée et jonchée de matériaux de construction (fer, engins). En attendant qu’une décision définitive soit prise pour pallier à cette situation, les laveurs de voiture de ce tronçon continuent à gagner se faire de l’argent.