Yaoundé :Grogne autour du payement des personnels de l’ex-Sonapost

Ils indiquent qu’il faut soudoyer certains agents de la Trésorerie nationale pour être servi en priorité.
Il est un peu plus de 13 heures à la Trésorerie nationale de Yaoundé, le 09 septembre 2015. La véranda du bâtiment 1 de cette administration est noire de monde. Des personnes, en majorité du troisième âge, sont debout ou assises. Dans un coin, une dame qui a ôté ses chaussures se ventile. Elle est à la Trésorerie nationale depuis 7 heures du matin. Elle n’est pas la seule dans cette situation. Ils sont venus nombreux, les personnels de l’ex-Société nationale des postes (Sonapost) et de l’ex-Caisse d’épargne postale (Cepc), pour entrer en possession des 20% de leurs droits sociaux.

Une manœuvre qui s’avère laborieuse. «J’ai déposé les pièces demandées : la photocopie de la carte nationale d’identité, un document attestant la prise effective de service… depuis vendredi, mais, on ne m’a toujours pas reçue, cinq jours après», vocifère une dame. Comme elle, Sidonie M., qui a fait le déplacement depuis Ndikiniméki, dans département du Mbam et Inoubou, n’a toujours pas été payée. « Je suis déjà fatiguée d’attendre ici. On me demande d’attendre. Jusqu’à quand ?», lâche-t-elle, dans un soupir. Une situation qui est d’autant plus intrigante que chaque jour, depuis le début de la paye, à savoir, le 2 septembre dernier, la procédure est bien établie. Les ex-employés de ces sociétés d’Etat se font enregistrer sur une liste, une fois arrivés. «J’ai l’impression qu’on ne suit pas l’ordre d’enregistrement. Il y a des personnes qui arrivent après moi et qui sont tout de suite servies», hurle un quadragénaire.

A l’observation, certains ont trouvé la parade pour être servis les premiers. C’est le cas de Mme Evina. A peine arrivée, elle va être interpellée par un agent de la Trésorerie nationale : «Va discrètement vers la porte où se trouve le militaire et dis-lui que c’est moi qui t’envoie», murmure l’agent à l’intention de Mme Evina. Cette dernière va s’exécuter et, trente minutes plus tard, sera de retour avec sa paye. Une situation qui va alimenter les conversations. «C’est ce qui se passe ici. Il faut payer pour avoir son argent», lance une dame courroucée. Alors que ces derniers s’inquiètent de leur sort, une employée des lieux leur indique «vous serez tous servi patientez. Nous sommes en train de traiter les cas des personnes qui se sont faites enregistrer vendredi», explique-t-elle. Une justification qui va alors créer un tollé : «Je suis ici depuis vendredi, mais rien n’a bougé jusqu’ici. Comment pouvez-vous soutenir cela?», peut-on entendre ici et là.

En rappel, le dernier payement des employés de l’ex-Société nationale des postes (Sonapost) et de l’ex-Caisse d’épargne postale (Cepc) date de septembre 2013. Une somme qui représentait les 20% de leurs droits sociaux. En plus des 20% payés en ce moment, l’Etat devra encore 60% aux employés de ces deux entreprises publiques, qui, suite à des difficultés financières décelées à partir de 2003, ont fusionné pour donner naissance à la Cameroon Postal Services (Campost), l’entreprise postale nationale.