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Yaoundé: Aminatou Ahidjo aux frais de la princesse

Yaoundé: Aminatou Ahidjo aux frais de la princesse

La fille d’Ahmadou Ahidjo attend sa récompense dans un hôtel aux frais du contribuable.

Mardi 21 janvier 2014. Le soleil est au zénith. Dans un hôtel au cœur de la ville de Yaoundé, le temps semble suspendre son vol. Pas l’ombre d’une seule personne dans la vaste cour. Des voitures sont garées dans le parking. En s’approchant vers le service d’accueil, un bruit de marteaux rompt le silence: l’hôtel est en réfection. Des menuisiers s’affairent à renouveler le plafond dans un bruit assourdissant. Une dame, responsable de ce service, pour se soustraire à ce bruit s’est installée à La véranda sur une chaise, en regardant une série télévisée. Le reporter lui demande s’il peut rencontrer Aminatou Ahidjo qui a pris ses quartiers ici depuis la fin de la campagne électorale du double scrutin du 30 septembre dernier. «Vous avez rendez-vous avec elle?», demande notre interlocutrice. A la réponse par la négative, la réceptionniste appelle directement un certain JP. Mais J-P est absent. «Ceux qui vont vous amener chez elle, ils ne sont jamais loin», lâche la réceptionniste. Las d’attendre, nous repartons 20 min plus tard.

Le constat est clair: Aminatou Ahidjo, la dernière fille de l’ex-président de la République du Cameroun séjourne dans son pays natal depuis plus de cinq mois, non pas en famille, mais dans un hôtel. Cela dure depuis l’année dernière. Elle a donc, ainsi que nous l’avons pu vérifier, droit à une garde affectée à sa sécurité. Elle n’est donc pas une cliente comme tous les autres dans cet établissement hôtelier. Elle a également une voiture mise à disposition pour ses déplacements, une Peugeot 607. Un chauffeur aussi. Le service traiteur de l’hôtel s’occupe de son alimentation, a-t-on appris. Des sources crédibles, toutes ces dépenses sont supportées par le Secrétariat général de la présidence de la République du Cameroun, et donc du contribuable Camerounais. Mieux, les billets d’avion pour ses déplacements à l’extérieur sont émis par le Sgpr. C’est le cas par exemple de son dernier voyage à Dakar au Sénégal.

Seulement, ce traitement princier suscite moult interrogations. Quel est, in fine, le statut d’Aminatou Ahidjo en ce moment? Est-elle l’invitée de la présidence de la République? «Aminatou nous a aidé à battre campagne en septembre dernier. Effectivement, on peut penser qu’elle est l’invitée du Président national, surtout qu’elle a fait des études en communication, donc elle sait comment séduire l’électorat. Mais, vous avez constaté qu’elle n’est pas venue seulement en tant qu’experte, mais surtout en tant que militante. Donc à ce titre, on peut considérer qu’elle est notre invitée», analyse, un membre du Comité central du Rdpc Invitée? D’accord. Mais une invitée permanente alors.

Aminatou Ahidjo est au Cameroun depuis le mois de septembre 2013. Pour expliquer ce traitement d’un genre nouveau, certaines sources proches de l’intéressée évoquent son statut de fille, d’un ex-Président de la République. Un argument qui trouve ses limites en l’absence d’une disposition légale en la matière. D’ailleurs, quand bien-même il y aurait un statut des enfants des anciens chefs d’Etat, son application est-elle à tête chercheuse? Pourquoi, le fils aîné Mohamadou Badjika n’a-t-il pas bénéficié de ces mêmes avantages? Ou alors, il faut être avant tout militant du Rdpc? Dans tous les cas, Mohamadou Badjika, du retour de l’exil dans les années 90 a milité au sein de l’Undp, et n’a jamais bénéficié d’un tel traitement. Si Aminatou Ahidjo militait par exemple au sein du Mrc, le Sgpr s’occuperait-il toujours d’elle parce qu’elle est la fille d’Ahmadou Ahidjo? Aurait-elle un service de sécurité par exemple? (Aminatou Ahidjo a battu campagne pour le parti qui est au pouvoir et qui usant de ce pouvoir lui donne tout ce qu’elle a besoin, Elle est à l’hôtel parce qu’elle attend d’être récompensée dans la prochaine répartition des cartes», explique Georges Mbengué, enseignant d’université.

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