Voile intégral: L’interdiction atteint le département de la Mifi

Le préfet Joseph Tangwa Fover vient de signer un arrêté pour proscrire le port de la burqa.

L’interdiction du port du voile intégral s’étend désormais dans le département de la Mifi, suite à la publication d’un arrêté signé, le 14 juillet 2015, du préfet de cette unité administrative, Joseph Tangwa Fover. Les trois arrondissements qui constituent ce département sont concernés, Bafoussam 1er, 2ème et 3ème.
Une mesure libellé en de termes clairs. Les dispositions de l’article 1er sont d’ailleurs révélatrices des enjeux de l’heure, notamment quand il y est mentionné que le préfet de la Mifi arrête : « Est interdit momentanément pour compter de la date de signature du présent arrêté, le port de voile intégral encore appelé ‘‘la burka’’ sur l’ensemble du département de la Mifi », signe Joseph Tangwa Fover. Tout en ajoutant : « Toute personne interpellée en violation des dispositions du présent arrêté sera puni conformément à la réglementation en vigueur ». L’article 3 de cet arrêté énumère les personnalités

devant veiller à son respect scrupuleux : « Les sous-préfets des arrondissements de Bafoussam 1er, 2èmeet 3ème, le commandant de groupement de gendarmerie territoriale de Bafoussam, le commissaire central de la ville de Bafoussam, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera enregistré et communiqué partout où besoin sera ». Dans la Mifi, l’acte du préfet ne surprend presque pas. Tout indique que la communauté musulmane s’y attendait : « Nous l’avons dit et nous le disons encore, il faut mettre de côté tout ce qui peut amener le danger. Nous ne disons pas aux femmes de ne pas porter le voile pour marcher, parce que nous ne voulons pas qu’elles sortent », explique l’imam principal de la mosquée centrale à Bafoussam, Cheik Harouna Abdoulaye. Avant de renchérir : « Nous ne voulons pas qu’elles portent, parce que, maintenant, même les sorciers qui viennent d’ailleurs portent le voile pour faire du mal. Pour éviter que les femmes ne tombent pas dans cette situation, il faut qu’elles utilisent le voile pour la prière à la maison. Quand elles veulent sortir, elles utilisent le pagne comme elles le faisaient avant », conclut-il.
La mesure du préfet de la Mifi intervient quelques jours après le communiqué radio-presse du 29 juin 2015, portant la signature de son homologue du Noun, Donatien Bonyomo, et visant à réglementer l’accoutrement sur la place publique. Le contenu du communiqué du préfet du Noun commence déjà à faire tache d’huile.