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Voici pourquoi le ministère des marchés publics doit disparaître

Les économistes en étaient encore à s’interroger sur son utilité, que voilà le ministère d’Abba Sadou pointé comme le principal «goulot d’étranglement» dans la mise en œuvre des projets gouvernementaux.

Voici pourquoi le ministère des marchés publics doit disparaître

Et si le récent discours présidentiel sonnait le glas de ce ministère encombrant ?

Au cours de son traditionnel discours de fin d’année, le Président de la République, sur un ton chargé de déception, a vertement dénoncé les goulots d’étranglement qui entravent la marche du Cameroun vers son émergence. Dans son chapelet de dénonciations propre à arracher des larmes à plus d’un compatriote, Paul Biya a eu des mots durs pour décrier le manque de cohérence dans l’action de l’Etat, la sous consommation des crédits, la lenteur dans la prise des décisions et bien d’autres fléaux qui minent l’administration camerounaise.

Au lendemain de la sortie présidentielle, une prise de conscience des responsables indexés est de mise. Tout comme, il importe pour le Chef de l’Etat de prendre des décisions fortes et constructives, pour le salut du Cameroun. Et parmi ces décisions, celle de supprimer le ministère des Marchés publics.

Pourquoi le MINMAP doit disparaître

Pour mémoire, ce ministère exista sous le Président Ahidjo. Paul Biya, aux premières heures de sa magistrature, avait maintenu ce ministère dans son organigramme gouvernemental. Cependant, la crise économique des années 1990 conjuguée, à la pression des bailleurs de fonds ont emmené le Président de la République à revoir à la baisse, le nombre de départements ministériels. Ainsi passera à la trappe le ministère des Marchés publics. Ce n’est que le 09 décembre 2011, que ce ministère, tels un sphinx, renaîtra de ses cendres.

Toutefois, on aurait tort de tenir le MINMAP pour seul coupable du retard économique du Cameroun. Mais force est de constater que ce ministère a été, le 31 décembre dernier, le point de mire de la fureur du Président de la République. Les experts économiques avaient prévenu: un ministère des Marchés publics n’avait pas lieu d’être dans un contexte où se déploie déjà une structure en charge de la régulation des marchés publics. On allait tout bonnement vers un doublon avec l’ARMP. Certes l’idée du premier Camerounais n’était pas mauvaise, car participant du renforcement de la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics par voie de marchés fictifs. Mais en voulant combattre un fléau, Paul Biya en a créé un plus malsain encore. Aujourd’hui, la sous consommation des crédits bat les records de médiocrité.

Abba Sadou et toute son administration indexés, par le discours du Chef de l’Etat

Logé dans un premier temps dans le même immeuble que l’ARMP, le ministère des Marchés publics sera finalement transféré dans un des bâtiments qui abritait l’ambassade des Etats-Unis. Un constat général s’impose: l’embourgeoisement du ministre Abba Sadou et de ses collaborateurs. Cet embourgeoisement est dû à la corruption, à la vénalité, à recherche de l’intérêt personnel.

Des maux décriés sans faiblesse par le Chef de l’Etat le 31 décembre der¬nier, mais qui se sont enracinés tant dans les services centraux que déconcentrés du ministère des Mar¬chés publics, avec la bénédiction d’Abba Sadou. Il y a presque un an, le courant ne passait plus entre l’ARMP et le MINMAP à cause de la distribution des prébendes.

Au MINMAP, aucun soumissionnaire ne peut faire signer un document sans laisser un pourboire. Cette ambiance de pots-de-vin est entretenue aussi bien par l’agent d’entretien que par le ministre, himself. La désignation des présidents de commission de passation des marchés dans les établissements publics n’est qu’une formalité inutile, car tout se joue au MINMAP. L’ARMP n’est aujourd’hui que l’ombre d’elle-même, un désœuvrement du personnel, dessaisi du traitement de l’essentiel de dossiers au profit du MINMAP.

Ou bien c’est le ministre Abba Sadou le problème ! 

A ce niveau, point n’est besoin de constater que le grand handicap de ce ministère c’est sa tête. Salué à sa création le 09 décembre 2011 après le remaniement postélectoral comme un acte concret du Chef de l’Etat, les espoirs sont bien vite retombés. Pour la petite histoire, toute une commande de papiers hygiéniques, de savon, d’eau minérale, et d’autres produits d’entretien a été détruite par le ministre Abba Sadou, faute de consommation. C’est aussi cela le retour aux affaires d’une race de vieux colons, égoïstes, vicieux. Les regards sont tournés vers Paul Biya afin qu’il rectifie le tir.

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